Retour à la liste d'articles Article du 30/07/2026

L’Allemagne et l’or, une histoire sans fin

Avec autorité, l'Allemagne conserve son titre de championne d'Europe par équipes en dressage. La Mannschaft devance le Danemark et la Suède, qui complètent le podium, et inscrit à son palmarès une 39e couronne continentale dans cette catégorie — une domination qui ne se dément pas depuis des décennies. L’Equipe de France termine quant à elle huitième. Retour sur cette deuxième journée de compétition.
Le podium de ce championnat 2026 de dressage par équipe – ph. Marine Delie
Leni-Sophie Gossmann et Diamantini EA WE, meilleure performance de cette reprise et de nouveau en or avec l’équipe d’Allemagne – ph. Marine Delie

L’Allemagne a une nouvelle fois rappelé qui était le maître incontesté du dressage, dans la catégorie poneys mais bien au-delà également. En s’emparant de la médaille d’or par équipe, la Mannschaft décroche la 39e breloque dorée de son histoire dans cette catégorie, confirmant sa suprématie sans partage sur le circuit continental. Les cavaliers allemands ont écrasé la concurrence en monopolisant le sommet du classement individuel provisoire. Un simple coup d’oeil au classement est en effet très évocateur de cette domination : les cavalières germaniques occupent le podium des scores de cette reprise, et l’équipe peut se permettre de ne pas compter sur le score de la cavalière pourtant classée sixième sur ce test, à savoir l’ouvreuse Victoria Winkmann, auteure pourtant d’une excellente reprise hier matin (73.543%). En tête à l’issue de la première partie hier soir (74.314%), Lilli Von Helldorff, associée au jeune mais fringuant Nabucco HW, ne s’est en effet fait damer le pion que par ses deux compatriotes du jour.  Ce matin tout d’abord Lilly Kasselmann, associée au génial Nasdaq FH, a ajouté une pierre importante à l’édifice doré germanique en sortant de piste en 74.857%. Son crack est en effet apparu disponible et très à l’écoute, et a été piloté d’une main de maître. Le travail au trot notamment fut très expressif. La jeune amazone, qui a déjà amassé nombre de breloques sur le circuit Children, a fait ses gammes cet hiver aux rênes du multi-médaillé lors des concours internationaux organisés du côté de Wellington, en Floride. De retour sur le Vieux Continent, et plus précisément en terres sarthoises, l’association a fait merveille. Enfin, en fin de journée et déjà titrés l’an passé sur cette même piste, Leni-Sophie Gossmann et Diamantini EA WE n’avaient plus qu’à « finir le travail ». La jeune allemande a d’ailleurs avoué ne pas avoir ressenti beaucoup de pression lors de son passage, rassurée par les prestations précédentes de ses coéquipières. Là aussi, la précision et la maîtrise ont été au rendez-vous dans le pilotage de Leni-Sophie, et le poney, pas nécessairement le plus impressionnant physiquement, s’est montré impressionnant de fiabilité et de régularité tout au long de la reprise. C’est donc tout logiquement que l’équipe allemande a pu monter sur la plus haute marche du podium en fin de journée.

Le quatuor danois fut également très solide tout au long de ces deux jours de compétition. Le meilleur score du collectif est à mettre à l’actif de l’expérimentée Filippa Jaeger Jensen, déjà de la partie ici-même l’année dernière. Pour cette édition, elle a sellé le tout bon Sir Sansibar, véritable petit cheval très élégant et impressionnant de locomotion. Ultime cavalière de la journée à s’élancer, elle a en partie dû composer avec la sensibilité de sa monture, notamment dans le travail au trot. Rien de bien méchant cependant, puisque le couple frôle les 74% (73.914%), soit la quatrième meilleure note de ces deux journées de compétition. Elle devance sa compatriote  Steffanie Victoria Horsted Dyrlund, auteure hier d’une solide prestation avec un autre crack multi-médaillé sous selle allemande, Cosmo Callidus NRW (73.857%). Ces scores viennent s’ajouter à ceux déjà conséquents de Malina Bogh Skovsager (Lyngdal’s Mira Puella, 72.571%, 8e) et Anna Dora Munch (Del Classico, 72.4%, 9e). Le Danemark doit, comme lors de toutes les autres éditions depuis 2019, s’incliner face à l’ogre allemand, tout en ayant proposer de très bonnes choses. Ils concèdent un peu plus de 4 points à la Mannschaft, totalisant 220.342 points, contre 224.771 points pour les médaillées d’or.

Le podium est cette année complété par une plaisante équipe de Suède. Le collectif suédois a pu compter sur trois performances très satisfaisantes, notées au-delà des 70%. L’œuvre d’Amelia Helene Lilliehöök, seulement âgée de 12 ans, et associée à Moviestar Lady (70.743%), ainsi que d’Ella Jerlin (Piri Piri, 71.514%) et enfin de Wilma Holmgren, également au point sur son Neverland WE (72.714%). Samantha Arnbäck et Mister Prime Time complétaient l’équipe, qui remonte donc sur le podium après sa médaille, déjà de bronze, obtenue à Opglabbeek il y a deux ans.

Les Pays-Bas doivent se contenter de la médaille en chocolat, avec un collectif reconstruit, notamment autour des deux paires qui ont concouru ce jour, Esmae Niessen / Ganymed W, sortis de piste en 72.057%, et surtout de Fabienne Raijmakers et du tout bon Wrong Is Right. Mais voilà, alors qu’il fallait sortir une reprise plus que parfaite pour tenter de déloger la Suède du podium, la jeune amazone a dû parfois composer avec la sensibilité de son poney, notamment pour repartir au galop après le reculer. Le score est bien entendu excellent (72.171%), mais se fut insuffisant pour monter sur la boîte, leur total cumulant à 213.057 points, contre 214.971 points pour les suédoises.

Saluons également les prestations de l’équipe britannique, de retour sur le devant de la scène du dressage poney. Le collectif a pu notamment s’appuyer sur trois reprises solides au-delà des 69%, avec Ella Fraser/Brouwershaven’s Viceroy (69.343%), Amelia Goodear/Furioso V.H. Enkershof (69.429%) et Queenie Moule/Amden Supreme Golden Dancer (69.685%). La Belgique se classe quant à elle sixième.

Côté tricolore, les championnes de France Mathilde Martins et Gone Girl Fast ont lancé la journée. La paire a déroulé une reprise propre et sans faute, agréable à suivre notamment au trot, évaluée à 66.172% (30e). Léna Chimot s’est quant à elle élancée en fin de journée, en selle sur DS Chantilly. Là aussi, pas d’erreurs majeures à signaler, malgré quelques imprécisions sur les appuyés ou les changements de pieds, mais les notes ne sont pas montées à la hauteur des espérances du clan tricolore ; le couple sort de piste en 65.4% (39e). Passées hier, Maemi Gangloff (Eldo J’Adore Bel’Air) et Lorette Volla Pelardy (WS Jackson) sont respectivement classées 29e et 37e de cette reprise. L’équipe de France conclut ce championnat à la huitième place, grâce à ces prestations homogènes et sans fautes majeures.

Dès demain matin, l’intensité ne manquera pas de remonter d’un cran : place à la première partie des couples engagés sur la reprise Individuelle.

Marine Delie

Lilly Kasselmann et Nasdaq FH - ph. Marine Delie
Filippa Jaeger Jensen et Sir Sansibar - ph. Marine Delie
Mathilde Martins et Gone Girl Fast - ph. Marine Delie
Léna Chimot et DS Chantilly - ph. Marine Delie