Pieter Devos : « Ces années à poney ont été déterminantes pour le reste de ma carrière, ça c’est sûr et certain »

Aujourd’hui parmi le top 10 mondial du saut d’obstacles, Pieter Devos a lui aussi foulé ses premiers terrains de compétitions à poney, une époque qui lui est chère. Le Belge retrace avec nous son parcours, ses souvenirs et analyse l’évolution du poney de sport.

Pieter Devos et Espoir dans le Rolex Grand Prix du CSI 5* du CHI de Genève où ils terminent 8e, sans-faute en première manche puis 4 points au barrage – ph. La Petite’L / Léa Tchilinguirian
Pieter Devos et Espoir dans le Rolex Grand Prix du CSI 5* du CHI de Genève où ils terminent 8e, sans-faute en première manche puis 4 points au barrage – ph. La Petite’L / Léa Tchilinguirian

Poney As : Comment est venue votre passion pour les chevaux ?
Pieter Devos : Mes parents m’ont transmis la passion de l’équitation très rapidement. Ils étaient cavaliers, pour le loisir, non en compétition, et ont toujours eu des chevaux. Lorsque mon frère Wouter et moi étions jeunes, nous avons chacun eu un poney pour s’amuser. Nous faisions des promenades et bêtises avec eux, tout a commencé ainsi. En 2000, j’ai débuté ma première compétition de saut d’obstacles à poney.

P.A : Si nous vous disons « Côte d’Or », vous nous dites…
P.D : J’ai eu plusieurs poneys avant lui, mais Côte d’Or a été le premier à me faire faire de grands résultats. Initialement, il avait été acheté pour mon frère puisque j’étais déjà passé à cheval. Mais lorsqu’il est arrivé, il était juste débourré et très vert. Il était assez difficile pour mon frère encore jeune à cette période alors je l’ai monté car il présentait un très bon potentiel. En parallèle, j’étais toujours à cheval mais j’adorais et adore toujours les poneys ! Tout est allé très vite, nous sommes champions de Belgique, avons eu des victoires comme lors du Grand Prix du CSIP de Chartres Poneys Masters en 2002, la Coupe des nations du CSIOP de Lummen cette même année, puis couru les championnats d’Europe.

2002, troisième et dernière édition du CSIP de Chartres. La Belgique remporte l'épreuve par équipe devant 10 autres ! De gauche à droite : Pieter Devos (Cote d’Or), Jan Vlemmix (Sharon) et Julie-Pascale Ruant (Picobello Ballybin) - ph. Poney As
2002, troisième et dernière édition du CSIP de Chartres. La Belgique remporte l’épreuve par équipe devant 10 autres ! De gauche à droite : Pieter Devos (Côte d’Or), Jan Vlemmix (Sharon) et Julie-Pascale Ruant (Picobello Ballybin) – ph. Poney As

P.A : Comment avez-vous vécu vos premières sélections internationales ?
P.D : C’était vraiment quelque chose de très spécial et nouveau puisque ma famille n’avait pas un pied dans le haut niveau international avant cela. Tout a commencé par des concours nationaux et peu à peu je suis arrivé au plus haut niveau de cette catégorie à poney. Lors de ma première sélection au championnat d’Europe, j’étais très honoré que le sélectionneur m’ait choisi. Ça a vraiment été une expérience importante qui m’a permis de voir et comprendre le haut niveau pour la suite.

P.A : Quelle a justement été l’importance de vos années à poney dans votre carrière ?
P.D : Je suis très compétitif, j’étais très heureux de faire chaque concours et de monter en niveau. Ces années à poney ont été déterminantes pour le reste de ma carrière, ça c’est sûr et certain. Ce fut le début d’une nouvelle orientation ! Je n’aurais jamais cru que je puisse être cavalier professionnel mais l’histoire avec Côte d’Or m’a vraiment motivée pour la suite de ma carrière. C’est une période dont on parle encore avec ma famille car j’étais toujours très entouré. Nous avons vécu des moments exceptionnels avec les poneys. Voilà presque 20 ans que je suis passé à cheval mais je me souviens de tout, c’était un nouveau monde qui s’ouvrait à nous.

Pieter Devos dans le Grand Prix du CSI 5* du Longines Masters de Paris – ph. La Petite’L / Léa Tchilinguirian
Pieter Devos dans le Grand Prix du CSI 5* du Longines Masters de Paris – ph. La Petite’L / Léa Tchilinguirian

P.A : Comment analysez-vous l’évolution du poney en Belgique ?
P.D : Les concours à poneys sont une période où le cavalier prend de l’expérience et apprend pour l’avenir. C’est très beau à voir cette complicité qu’un enfant peut créer avec un petit équidé. Je pense que la relation et la connexion qu’il peut avoir avec un poney est tout de même différente de celle d’un cheval qui est bien plus grand et avec plus de force. Selon moi, le poney est plus adapté à l’enfant. De mon temps, les cavaliers débutaient tous sur ces petits équidés. Mais aujourd’hui, les enfants se lancent rapidement à cheval sur le circuit Enfants. Il faut dire que maintenant acheter un excellent poney pour le haut niveau est compliqué, il y en a peu. Pour un cheval, il est bien plus simple d’en trouver un déclassé ou qui a encore une marge de progression. Cependant, si demain mes enfants veulent monter en compétition, je leur donnerai la chance de commencer à poney. Il faut que ce sport reste important aux yeux des jeunes cavaliers. Mais, il faut savoir passer à cheval s’il le faut vraiment, je pense notamment lorsque le cavalier devient trop grand pour son poney !

P.A : Cavalier redoutable sur le circuit 5* au palmarès garnit, auteur de nombreuses performances sur le circuit du Global Champions Tour, sélectionné pour les Jeux équestres Mondiaux de Tryon, vainqueur par équipe l’an passé du championnat d’Europe. Quel est votre plus beau souvenir ?
P.D : J’ai beaucoup de souvenir mais le plus beau et le plus gratifiant est l’évolution de mes chevaux. Je les ai toujours construits moi-même, j’ai rarement eu un cheval près pour sauter le haut niveau. Depuis que je suis jeune, je fais tout un travail pour les emmener au meilleur d’eux-mêmes. Lorsque j’y arrive et qu’il y a de belles révélations, c’est ce qui me donne le plus de satisfaction honnêtement. Je suis tout de même très compétitif et j’aime gagner, alors des victoires comme celle du Grand Prix du CSI5* de Calgary en 2013 reste encrée. C’était la première fois que je participais à cette compétition sur la mythique piste de Spruce Meadows. J’étais encore jeune et très content de monter là-bas : je n’aurais jamais cru que je pouvais gagner cette année-là. Cela étant, cette victoire m’a ouvert beaucoup de portes et c’est aussi le vrai début de ma carrière professionnelle. La médaille d’or par équipe au championnat d’Europe l’année passée a été une victoire gravée !

En coulisses, Pieter Devos détend Espoir lors du Rolex IJRC Top 10 Final du CHI de Genève l'an passé – ph. La Petite’L / Léa Tchilinguirian
En coulisses, Pieter Devos détend Espoir lors du Rolex IJRC Top 10 Final du CHI de Genève l’an passé – ph. La Petite’L / Léa Tchilinguirian

P.A : Vous êtes la preuve qu’il est possible de gérer deux métiers, celui de sportif de haut niveau et de commercial au sein de la société familiale de pommes et de poires. Comment vous organisez-vous au quotidien ?
P.D : Très bonne question (rires) ! Ce n’est pas simple mais j’ai de très bonnes équipes autour de moi, je peux leur faire confiance. Nous travaillons en famille autant avec mes parents, mon frère et ma femme qui est le manager des écuries. C’est beaucoup de travail et peu pour d’autres moments, ce sont des sacrifices mais, je suis très content de pouvoir tout faire. Ce sont deux choses importantes et je ne choisirais jamais l’un ou autre !

Propos recueillis par Léa Tchilinguirian

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