Mathilde Neau, une ambassadrice Poney As en pleine ascension
Portrait de notre nouvelle ambassadrice.

« J’ai commencé l’équitation à l’âge de 3 ans, avec un poney B, Utrillo d’Arquetan, et les concours à 9 ans. J’ai fait mes premiers championnats de France avec lui. L’année suivante, j’ai monté Fugitive de Seguret, que je louais aussi, avec laquelle j’ai fait des épreuves Poney 1 et Poney Élite en CSO et CCE, puis j’ai eu Iroquoise », nous raconte Mathilde Neau, élève depuis toujours de Dorothée Chateau, dirigeante de Marennes Équitation, une structure située en Charente-Maritime. « J’ai choisi le complet car j’ai tout de suite accroché ! J’aime les différentes épreuves qui sont proposées. En dressage, il faut être très précis et parfait dans la position ; sur le cross, il faut être guerrier, et sur le CSO, il faut bien monter et s’appliquer ! Mon écurie fait de la valorisation de jeunes poneys et il y a une équipe de compétition en CSO. Aujourd’hui, je suis la seule cavalière à faire du CCE. Quand j’ai commencé, Capucine, la fille de ma coach, tournait dans cette discipline en Grand Prix », poursuit-elle.
Entre Mathilde et sa ponette Iroquoise Macalo, l’histoire est belle : « Je l’ai eue lorsqu’elle avait 5 ans. Sa propriétaire nous l’avait emmenée à la finale des jeunes poneys de Fontainebleau, qu’elle ne faisait pas, et je l’ai essayée là-bas. Puis je suis retournée l’essayer chez elle. Elle m’a plu et nous sommes reparties avec elle ! Dès qu’on a franchi une petite croix, ma coach a tout de suite vu qu’elle sautait super bien », se souvient-elle.
Le couple débute en septembre 2023 sur quelques petits parcours de saut d’obstacles, avant de prendre le départ de son premier concours complet en mars et de décrocher sa qualification pour les championnats de France Poney 1, qu’il termine au 13e rang. La saison suivante, le tandem s’attaque à l’As Poney 2, toujours en CCE, et signe notamment une 6e place dans la Super As de Jardy. Cette saison, Mathilde et Iroquoise franchissent un nouveau cap : l’As Poney 1. Et le pari est rapidement couronné de succès : le couple s’impose dans les Super As de Pibrac et du Lion d’Angers, se classe 4e à Jardy et 7e à Cornillon-Confoux, avant de conclure les championnats de France à une belle 6e place.
Iroquoise Macalo, petite-fille de Fruit de Kiwi, née chez la famille Bouchanville

Finalement, voir la jolie Iroquoise évoluer en concours complet n’a rien d’un hasard. Fille de l’étalon Connemara Thunder du Blin, classé 14e en individuel des championnats d’Europe de CSO en 1992 – et père de plusieurs performers en complet –, elle a pour mère la PFS Etal de Fruit (par l’Arabe Azur d’Ainhoa), elle-même fille de Fruit de Kiwi (par le Welsh Cob Kiwi Roche). Cette dernière s’est illustrée au plus haut niveau en concours complet et a porté les couleurs de l’équipe de France aux championnats d’Europe de Pratoni del Vivaro… il y a 21 ans ! Une échéance à laquelle, pour la petite histoire, avait également participé un certain Filou du Breuil, associé à Marie Bouchanville. Le couple avait d’ailleurs décroché l’or aux championnats de France Grand Prix en 2005 et représenté à trois reprises la France aux championnats d’Europe, avec notamment une 6e place en individuel et une 4e place par équipes à Saumur en 2006. Et le lien avec Iroquoise est tout trouvé : Marie n’est autre que la fille de Sylvie Bouchanville, naisseuse d’Iroquoise !
Avec son mari Yves, Sylvie Bouchanville possède un élevage dans la Nièvre, où naissent chevaux et poneys de sport, ainsi que des AQPS, sous l’affixe « Macalo », contraction des prénoms de leurs filles, Marie, Camille et Louise. Mathilde et sa maman sont d’ailleurs toujours en contact avec les éleveurs d’Iroquoise et continuent de leur envoyer des photos de leurs concours. Mais comment Mathilde décrit-elle sa complice au quotidien ? « C’est une ponette qui est très droite aux obstacles, c’est très pratique. Par contre, elle a son petit caractère ! Elle est un peu princesse, elle n’aime pas trop qu’on l’embête. À la maison, on ne fait par exemple jamais de longues séances. Il faut la travailler à petite dose, sinon elle est blasée. C’est une jument qui écoute relativement bien et qui est très agréable à monter. »
Pour la petite anecdote, l’histoire d’Iroquoise fait écho à celle de plusieurs de nos cavaliers ambassadeurs de concours complet : Maé Rinaldi avec Boston du Verdon, Emma Lemaitre avec Flash des Étoiles et Laurick Hardy avec Duncan’s Star. Tous ont formé leur poney ou l’ont eu très jeune… et tous ont été médaillés aux championnats d’Europe !

Le passage en As Poney 1 a été fluide. « Ma première saison dans cette catégorie s’est relativement bien passée. En concours, ma ponette est très appliquée. On se connaît par cœur puisque je l’ai depuis toute petite. Je trouve que nous avons passé un cap sur le dressage. Sur le cross aussi, nous avons progressé. Iroquoise s’est bien redressée et saute donc beaucoup mieux. Je suis très fière d’elle. », précise-t-elle. Et les bons sentiments se sont confirmés lors de son premier CCIP2*, organisé au Mans, en marge des championnats d’Europe ! « Je trouve qu’on a été plutôt à l’aise. Sur le cross, j’avais une petite appréhension, car c’était plus gros que d’habitude, mais franchement, on l’a très bien couru, ça a été parfait. » À la clé, une victoire, juste devant le champion de France As Poney 1 en titre, Thibault Lapray, associé à Holy Spirit d’Elmo, qu’il faudra lui aussi suivre de près la saison prochaine.
« Désormais, je vais aborder les Grands Prix avec Iroquoise. J’ai pour objectif les championnats d’Europe », avoue-t-elle. Une échéance 2026 marquée par un doublé français, qu’elle a suivie de très près : « L’ambiance a l’air incroyable ! J’aimerais bien faire pareil et j’ai très envie d’y participer l’année prochaine ! Noa nous a tenus en haleine jusqu’au bout ! C’était chouette de le voir gagner. » Catherine Thomas, qui entraîne le double médaillé d’or Noa Pelle, associé à Gin GT La Templerie, a elle aussi joué un rôle dans la progression de Mathilde et Iroquoise, en complément des conseils constants de Dorothée Chateau : « Catherine vient de temps en temps à la maison pour me faire travailler sur le dressage, surtout. Elle est très forte pour aller chercher les points supplémentaires sur la précision, par exemple. Je fais avec elle de l’optimisation de reprise : on fait une grosse détente le premier jour pour qu’elle me dise les points à améliorer, en plus de ceux de Dorothée, après on déroule ; et le deuxième jour, on détend un petit peu et on déroule la reprise trois ou quatre fois, pour que ça soit presque parfait en termes de précision. »
Deux cartouches pour viser les As Poney Élite
En plus d’Iroquoise Macalo, Mathilde Neau a accueilli, il y a un an, Folène de l’Étape (Pfs, par Quitus de l’Étape x Elf d’Or, Sf). « Elle m’a été confiée pour la remettre tranquillement en route sur le complet et, comme on s’est bien entendues, nous avons décidé de l’acheter. Je croyais que j’allais faire cette année des Poney Élite et As Poney 2, mais finalement, nous avons évolué assez vite, même si nous avons traversé une période un peu plus difficile. » Avec cette ponette, déjà sortie en Grand Prix de concours complet et de CSO, notre ambassadrice s’est offert le CCIP1* de Bertichères à la fin du mois de mai. « Folène a passé deux mois de vacances et je viens juste de la remettre en route, car c’est avec elle que j’irai à mon premier stage fédéral fin août. Ensuite, nous ferons le CCIP du Pin ensemble. C’est une ponette très précieuse, il ne faut pas trop bouger car elle est un peu peureuse. Dessus, il faut être posée et très calme : on ne peut pas, par exemple, ressangler ou enlever son manteau. Elle est sensible, même si ça va mieux qu’avant. Maintenant, elle me fait vraiment confiance, elle est très généreuse et, si je lui donne tout, elle donnera tout pour moi. »
Quel programme sportif à court terme envisage la cavalière ? « Je pense remettre Iroquoise en route après le CCIP du Pin. Là, elle est en vacances pendant un mois et demi. Il y aura la TDA de Moulins, mais je ne sais pas si nous irons. En revanche, mes deux ponettes devraient faire Fontainebleau, puisqu’il y aura la TDA et l’international en même temps. Ça va aussi dépendre de la façon dont se passe le Pin. Le planning n’est pas trop établi à l’avance, il évolue en permanence selon l’état de forme des poneys. »

Tous les feux sont au vert pour Mathilde, qui, sur le plan scolaire, s’apprête à entrer en 3e et parvient à mener de front études et équitation. « Quand j’ai des week-ends de libres, je prends de l’avance sur la semaine. J’ai pas mal d’heures de permanence à l’école où je peux travailler et essayer de m’avancer. J’essaie de m’organiser pour que tout aille bien. Tous les soirs, je vais aux écuries, et le mercredi après-midi aussi. Le lundi, je longe souvent mes ponettes ; le mardi soir, je monte en cours collectif ; le mercredi, je monte en cours particulier ; le jeudi, souvent, on saute ; le vendredi, soit on refait du plat, soit on part en balade ; et le week-end, c’est plutôt cool s’il n’y a pas de concours : c’est soit stretching, soit trotting. » Le sport se vit d’ailleurs en famille. Tendre vers le (très) haut niveau, c’est aussi ce que fait son frère Gautier, sacré champion d’Europe, vice-champion du monde et vice-champion de France U17 en voile !
Des objectifs sportifs à venir, donc, mais aussi de nouvelles aventures à vivre sous les couleurs de Poney As : « J’ai connu Poney As sur Instagram. Je trouve ça super d’intégrer l’équipe d’ambassadeurs, car j’ai vu que vous ne preniez pas beaucoup de cavaliers. C’est bien que les gens nous voient évoluer à travers un média, sur plusieurs plateformes. Je suis très fière d’être une ambassadrice Poney As ! »
