Virginie Lefebvre, formatrice hors pair

Cavalière professionnelle, monitrice, éleveuse… Virginie Lefebvre compte de nombreuses cordes à son arc. Spécialisée dans la formation et la valorisation de jeunes chevaux et poneys, la fondatrice de l’élevage New Horses Dreams bénéficie aujourd’hui d’une réputation solide et forme des produits souvent salués en compétition. Rencontre avec cette passionnée, qui a toujours eu en ligne de mire l’envie immuable de réaliser ses rêves.

Chaque année, deux à trois poneys et cinq à six chevaux naissent en moyenne chez Virginie Lefebvre, à Saint-Amand-les-Eaux (59) - ph. coll. privée
Chaque année, deux à trois poneys et cinq à six chevaux naissent en moyenne chez Virginie Lefebvre, à Saint-Amand-les-Eaux (59) – ph. coll. privée

Si Virginie Lefebvre est aujourd’hui reconnue pour ses activités d’éleveuse, d’enseignante et de cavalière, rien ne la destinait pourtant à exercer un métier lié aux chevaux. Basketteuse dès son plus jeune âge et par la suite membre de l’équipe de France Junior, c’est tout naturellement qu’elle décide, à ses dix-huit ans, de s’orienter vers des études supérieures en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS). Mais une rupture des ligaments croisés la contraint à tout arrêter. Virginie Lefebvre décide alors de se consacrer entièrement à l’équitation. « J’ai, très jeune, eu envie de monter à cheval. Mais venant d’une famille modeste, je n’avais jusque-là pas eu la chance de pratiquer l’équitation de manière intensive. Ce n’est qu’à 17 ans que j’ai commencé à monter régulièrement à cheval », confie-t-elle. Trois ans plus tard, la jeune femme décide de passer son monitorat. Une expérience bénéfique en tout point et grâce à laquelle Virginie Lefebvre a pu faire ses preuves en tant que formatrice de jeunes chevaux. Ses débuts, elle les a fait avec un Pur-Sang, acheté par sa mère après de nombreux sacrifices. Une fois formé, elle l’a revendu et a acheté un poulain… au boucher du coin, qui élevait des chevaux. « C’est une histoire assez surprenante et c’est avec ce jeune cheval que j’ai obtenu mon monitorat. Un an et demi après l’avoir acheté et formé, je l’ai revendu sept fois plus cher que son prix initial. Comme quoi, il n’est pas nécessaire d’être né avec une cuillère en argent dans la bouche pour réaliser ses rêves : il faut travailler dur et y croire », explique Virginie Lefebvre. Puis, le schéma s’est répété de nombreuses fois : acheter, former, vendre. Si bien qu’en 2007, en parallèle de son poste de monitrice dans un centre équestre, elle monte sa propre société et se spécialise dans le commerce et la valorisation de chevaux.

Faire naitre des chevaux et poneys de sport est une passion pour Virginie Lefebvre, surtout lorsqu’ils sont pies ! – ph. PSV
Faire naitre des chevaux et poneys de sport est une passion pour Virginie Lefebvre, surtout lorsqu’ils sont pies ! – ph. PSV

L’élevage New Horses Dreams, la concrétisation d’un rêve

En 2008, Virginie Lefebvre se lance dans l’élevage. Une nouvelle aventure dont la cavalière rêvait, motivée par l’envie de faire naître des chevaux pie, dont elle adore le style. Et tout a débuté suite à l’achat d’Idole de Vesquerie (par Thurin et Udine de Vesquerie par Muguet du Manoir). « Cette jument, je l’ai achetée contre un euro symbolique car sa propriétaire souhaitait me la donner. Je l’ai formée et emmenée jusqu’aux épreuves côtés à 1,40m. J’ai reçu plusieurs offres de rachat intéressantes la concernant, mais je ne les ai jamais acceptées », raconte Virginie Lefebvre. Pour débuter cet élevage, la cavalière achète également Sioux du Godion (par L’arc de Triomphe et Liberty Rose par Libero H), Rapsodie du Godion (par Quaprice Boimargot et Liberty Rose par Libero H) et Tina du Godion (par Marlou des Etisses et Okanel du Godion par Darco). « Ce sont d’excellentes souches, qui me permettent aujourd’hui d’avoir des chevaux de grande qualité », souligne l’éleveuse passionnée. Et tous ces choix ont rapidement été couronnés de succès.

Virginie Lefebvre en selle sur Code Secret’s Dream, un fils de son étalon pie Sioux du Godion issu d’une souche Welsh Cob. Le couple terminait 4e de la finale des 6 ans D en 2018 – ph. Poney As
Virginie Lefebvre en selle sur Code Secret’s Dream, un fils de son étalon pie Sioux du Godion issu d’une souche Welsh Cob. Le couple terminait 4e de la finale des 6 ans D en 2018 – ph. Poney As

La première ponette de l’élevage, Une Crack’s Dream (Pfs, par Linaro SL, Drp et Lilou du Vautour, Po par As du Begue, Co), est ainsi sacrée championne des 5 ans C. Aujourd’hui, les poneys élevés par Virginie Lefebvre continuent de briller : en 2020, D’Angelo der Lenn (Pfs, par Usandro Tilia Derlenn, Wpb et Un Ange Passe au Péna, Co par Dexter Leam Pondi), après avoir été classé Élite à 4, 5 et 6 ans, est sacré vice-champion des 7 ans ; et Griffondor Dream Dei (Oc, par Sioux du Godion, Sfb et Thistledown Pretty Posh, Wb par Eyarth Troy) devient champion des 4 ans. Chaque année, deux à trois poneys et cinq à six chevaux naissent en moyenne chez Virginie Lefebvre, à Saint-Amand-les-Eaux (59). L’éleveuse a notamment à cœur de donner à tous ses produits des qualités telles que la souplesse, le rebond et le respect.

L’étalon D’Angelo Der Lenn est vice-champion des 7 ans sous la selle de Lisa Vizor, une élève de Virginie Lefebvre – ph. Poney As
L’étalon D’Angelo Der Lenn est vice-champion des 7 ans sous la selle de Lisa Vizor, une élève de Virginie Lefebvre – ph. Poney As

Une spécialisation nécessaire

Pour former au mieux tous ses poneys et chevaux, Virginie Lefebvre a dû mettre en place une organisation et une stratégie particulières. « J’ai fait le choix de me consacrer spécialement aux chevaux de 3 à 6 ans. Pour cela, j’ai notamment dû arrêter de monter mes chevaux d’expérience », confie-t-elle. En cause : un emploi du temps surchargé, partagé entre les compétitions dédiées aux jeunes chevaux, celles dédiées aux plus âgés et les nombreux cours à donner, qui ne permettait plus à Virginie Lefebvre d’exercer toutes ses activités comme elle le souhaitait. Elle s’est alors tournée vers Eric Denarnaud et son élève Ilona Mezzadri, à qui elle a loué ou vendu nombre de ses chevaux, tels que Rapsodie du Godion, Arcy Fou, Diamond’s Dream ou encore son étalon poney Ken van Orchid’s. « Il y a une réelle cohérence entre la manière dont je forme mes chevaux et la manière dont Ilona les monte. Je suis très heureuse de cette collaboration, qui n’en est qu’à ses débuts », raconte Virginie Lefebvre avec enthousiasme.

Ilona Mezzadri et Ken van Orchid décrochent leur deuxième médaille consécutive, et cette fois, c'est l'or ! - ph. Poney As
L’étalon Néerlandais Ken van Orchid, sacré champion de France en Grand Prix As Elite avec Ilona Mezzadri – ph. Poney As

Du côté des poneys de l’élevage, ils sont principalement montés par les cavaliers de Virginie. « Mes 10 cavaliers ont chacun un poney attitré, qu’ils doivent former. Je m’engage à ne pas les vendre avant la finale et eux s’engagent à s’en occuper jusqu’à cette échéance. Ils paient chacun 140€ par mois pour le poney, les cours et la pension. C’est peu par rapport aux prix du marché, mais comme ça tout le monde est gagnant : mes poneys sont valorisés et mes cavaliers affinent leur équitation », explique-t-elle. Un mode de fonctionnement basé sur la confiance, la bienveillance et la volonté de rendre l’équitation accessible à tous ; pour que chacun puisse réaliser ses rêves, de la même manière que Virginie Lefebvre a pu réaliser les siens.

E.D.

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