Muriel Leonardi : « un minima de 68% pour être sélectionné »

Les championnats d’Europe Poneys de Dressage se tiendront à Pilisjászfalu, près de Budapest, du 25 au 30 août. Quel est le plan de route de l’équipe de France d’ici là ? Entretien avec la chef d’équipe des Bleuets Muriel Leonardi.
Muriel Leonardi - ph. Pauline Bernuchon
Muriel Leonardi – ph. Poney As
 
Poney As : Muriel, quelle a été ta réaction et celles de tes cavaliers après l’annonce officielle de la nouvelle date des championnats d’Europe Poneys de Dressage ?
Muriel Leonardi : C’est une belle surprise, je n’osais pas y croire, il y a eu tellement de rebondissements ! Une demande de la FEI nous est parvenue il y a trois semaines avec cette question : « s’il y a des championnats d’Europe, est-ce que votre nation répondra présente ? ». C’est à ce moment-là que j’ai découvert que la catégorie Poney pouvait être au programme. Depuis trois mois, tout est hypothétique, alors je n’y ai pas cru tout de suite. Notre fédération a répondu positivement à la FEI et derrière, j’ai prévenu les cavaliers d’une éventuelle échéance européenne et de la reprogrammation de Tournées des As en mettant du conditionnel partout. Je leur ai surtout demandé de se tenir prêt. Nous avons attendu la validation de la FEI et sommes restés en suspens pendant quelques jours ! Une fois la validation, il nous a fallu revoir notre plan d’actions : caler les dates, les autorisations, les budgets avec la fédération etc… Tous les cavaliers sont en état de marche et très contents. Cela remotive tout le monde !
 
P.A. : Justement, les cavaliers ont reçu un mail avec les nouvelles TDA au programme et le plan de route des prochains championnats d’Europe. Qu’en est-il ?
M. L. : Il a fallu réagir vite ! Il y aura donc la TDA de Macon du 2 au 5 juillet. Il s’agit de la première TDA post-Covid avec l’établissement d’une long-list à la suite de la compétition. Ensuite, il y aura Pompadour du 17 au 19 juillet. Le soir, je donnerai ma sélection. Les quatre couples retenus se rendront à Limoges, lieu de la troisième TDA, du 31 juillet au 2 août. D’ailleurs, le vétérinaire de l’équipe de France sera présent sur ces trois étapes. Nous y ferons un regroupement et je leur donnerai des informations. Samedi et dimanche, ils dérouleront la reprise en condition de compétition. Ils n’ont pas beaucoup tourné et seuls deux couples ont fait des internationaux. Je trouve qu’il est bon de leur faire faire trois concours de suite. Si d’autres couples veulent venir, elle est bien sûr ouverte à tous.
 
P.A. : Comment vas-tu procéder pour établir ta sélection puisque la FEI a supprimé les minimas qualificatifs en CDIP / CDIOP ?
M.L. : Nous avons demandé un minima de 68% sur ces Tournées des As. Les résultats sur les TDA et internationaux sur lesquels les cavaliers ont concouru en 2020 seront pris en compte tout comme l’état de forme actuel des couples. J’avais dit à certains de ne pas engager le CDIP du Mans en début d’année car ils n’étaient pas prêts, d’où l’organisation d’une TDA aux mêmes dates. Je me baserais sur les résultats de ces 4 TDA. Cela m’oriente déjà. Certains ont déjà fait de bonnes choses et derrière, la sélection est un peu plus ouverte. Ce qui est certain, c’est que nous ne sélectionnerons pas d’individuel(s) : soit une équipe se forme, soit il n’y aura personne.
 
P. A. : L’équipe de France se reconstruit intégralement cette année et manque d’expérience sur le circuit international. Est-ce que la question d’emmener une sélection française s’est posée ?
M. L. Non, je ne crois pas. Il faut y aller. Je pars du principe que les enfants doivent prendre de l’expérience. On ne pourra pas aligner des couples comme les allemands, les danois ou les néerlandais, mais selon les années, on peut espérer y ressortir avec de bons scores et se rapprocher de la 5e place. Il y a aussi régulièrement un poney ou un couple qui sort du lot et joue le rôle de locomotive. Il faut continuer de s’accrocher et essayer d’être le plus performant possible.
 
P. A. : Quelles sont tes forces en présence ?
M. L. : Deux poneys ont déjà participé à un ou plusieurs championnats d’Europe : Under Cover Fast monté ces dernières saisons par Cassandra Rouxel et Dinky Toy VH Bloemenhof sous la selle de Charlotte Monteilhet. Ce sont les deux couples les plus expérimentés même si ces cavalières n’ont pas encore couru ce type d’échéance. D’autres arrivent derrière, je pense à Blanche Carré Pistollet (Dazzling Kid d’Herbord), Sarah Planchet (Champony), Valentine Bineau (Osbourne), Charlotte Coquerelle qui a acheté un très bon poney en Hollande… L’équipe n’aura pas beaucoup d’expérience, mais je ne serai pas le seul sélectionneur dans ce cas-là. Pour les jeunes et ceux âgés de 16 ans qui quitteront le circuit à la fin de l’année, cette échéance est une superbe opportunité.
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