André Bonneau : « Je suis fier d’avoir créé cet évènement »

Comme le dit son fondateur : « déjà là ! ». Le Bonneau International Poney devait fêter ses 20 ans, mais la pandémie du Covid-19 en a décidé autrement. L’homme de terrain, à l’initiative de ce projet aux côtés de sa défunte épouse Marie-Ange, a lancé une compétition sans commune mesure en France, connue de tous les petits cavaliers, et même des grands ! André Bonneau a accordé avant la période de confinement un entretien à Poney As dans lequel il évoque son BIP avec la passion qui l’anime, sa ferveur indélébile, sans détours sur ses craintes. Interview à retrouver dans le dernier numéro du Magazine Poney As.

 

L'une des signatures du BIP : les fameux décors en buis - ph. Poney As
L’une des signatures du BIP : les fameux décors en buis – ph. Poney As
Poney As : Le BIP fête cette année ses 20 ans. A l’écoute de cette phrase, quels sentiments te viennent à l’esprit ?
André Bonneau : Déjà là ! Chaque année, j’avais tellement hâte de voir la prochaine édition que je n’ai pas vu le temps passer ! Je suis fier d’avoir créé cet évènement qui a beaucoup servi au monde du poney.
 
PA : 20 ans d’existence du BIP et des éditions plus belles les unes que les autres. Laquelle t’a particulièrement marquée et pourquoi ?
AB : Celle de 2003 car je savais que c’était la dernière de Marie-Ange. Effectivement, elle nous a quittés le 9 mai 2003… Cette année-là, nous avons fait les adieux au sport d’Ulma du Latou, une ponette qui a fait quatre championnats d’Europe sous couleurs françaises dont deux avec ma fille Mélanie. Marie-Ange avait fait venir tous ses cavaliers, c’est un souvenir intense pour moi.
 
André Bonneau lors de l'édition de 2008 - ph. Poney As
André Bonneau lors de l’édition de 2008 – ph. Poney As

PA : En 2001 se déroulait donc la première édition. Je me rappelle d’une magnifique compétition nationale à l’époque, avec du cachet et un Grand Prix très disputé. D’où vient cette idée de se lancer dans l’organisation d’un tel événement sur le Grand Parquet ?
AB : À l’époque, j’étais l’adjoint de l’entraineur national de l’équipe de France Poneys de CSO, Francis Rebel. Marie-Ange avait vu dans le magazine l’Eperon que l’on pouvait louer le Grand Parquet et elle m’a soumis l’idée d’organiser un Grand Prix. J’ai trouvé l’idée formidable et c’est comme ça que nous avons démarré. Je suis allé voir le directeur du Grand Parquet, Jean-Christophe Retaud, et lui ai fait part de notre projet. Il l’a apprécié. Dans les années 70 et 80, les championnats de France étaient organisés à Fontainebleau et je pense qu’il avait envie de revoir les poneys mis à l’honneur ici.

 
PA : Une fois lancé, as-tu imaginé une suite, soit une deuxième édition, puis une troisième… ?
AB : Au départ, j’étais parti sur l’organisation d’un Grand Prix national, mais compte-tenu de la réussite de cette première édition, nous nous sommes dit « là, il faut passer l’étape supérieure et demander le label international ! ». En 2001, il y avait deux terrains et 1700 poneys. Nous avions aussi la finale départementale de CSO et de Dressage. Tous les clubs étaient réunis. Dès 2002, nous nous sommes lancés dans l’organisation d’un CSIP tout en maintenant en parallèle une compétition nationale. Nous sommes progressivement passés de 2 terrains, à 3, 4, puis 5. Et face à l’ampleur de la manifestation, nous avons évidemment dû revoir le programme et faire des choix sur les séries.
 
PA : Imaginais-tu que la manifestation allait prendre cette ampleur et devenir le CSIOP de France ?
AB : Non ! Il y avait pas mal d’étrangers engagés sur le CSIP et Marie-Ange m’avait dit de continuer. Je te le dis, ce fut ma motivation. En 2004, nous avons organisé le premier CSIOP ; c’était un challenge. Heureusement qu’elle m’a dit ces mots-là, car j’aurais peut-être pu baisser les bras. Vis-à-vis d’elle, je me devais de continuer. Marie-Ange m’a porté.
 
PA : Tu n’as pas eu de difficulté à obtenir ce fameux label CSIOP ?
AB : Non, pas du tout. A l’époque, il n’y avait plus de CSIOP en France depuis quelques années. Faire la demande et en plus sur le Grand Parquet : tout cela a été très bien accueilli !
 
PA : Au cours de ces deux décennies, le BIP a connu de nombreuses nouveautés et son programme s’est étoffé. Peux-tu nous rappeler les épreuves phares mises en place et celles dont tu es le plus fier ?
AB : Je pense évidemment au Derby et aux épreuves pour poneys de 6 et 7 ans ; celles-ci n’existaient pas dans le programme de la FEI. Je me suis battu pendant 2 ans pour les obtenir en envoyant des lettres de motivation. Par expérience, je trouvais qu’il y avait des poneys bien trop jeunes dans les grosses épreuves. C’était difficile pour eux, moralement et physiquement, et préjudiciables pour leur avenir sportif. On avait un réel besoin de créer ces épreuves-là. Je suis content d’être à l’origine de cette idée.
 
Edition 2016 - victoire de l'équipe de France dans la Coupe des nations pour la deuxième fois consécutive - ph. Poney As
Edition 2016 – victoire de l’équipe de France dans la Coupe des nations pour la deuxième fois consécutive – ph. Poney As

PA : Deux ans pour les mettre en place, c’est une sorte de petit combat ? Quel a été ton argumentaire ?
AB : Oui. Il fallait vraiment prouver que l’on avait besoin de ces épreuves dans un objectif de préparation des poneys pour le haut niveau. Elles étaient indispensables tout simplement. J’ai parlé du terrain, des chefs de piste, de l’ambiance de haut niveau et comme je viens de te le dire, de l’éduction des poneys de 6 et 7 ans, comme il se pratique chez les chevaux. Dès le départ, elles ont été appréciées et au fil du temps, nous sommes passés d’une quinzaine de poneys à une cinquantaine. Ce type d’épreuve a aussi permis de déclencher un commerce. Tous les ans, français et étrangers achètent les meilleurs jeunes poneys pour le haut niveau.

 
PA : A l’époque, le Derby était suivi par beaucoup de monde. Pourquoi l’avoir enlevé du programme ?
AB : Le Derby, dans un international poneys, n’existait pas et les gens ont trouvé ça super au début. C’était l’un des temps forts, mais après quelques années, l’épreuve ne recensait plus assez de partants. Je suis du genre à réagir et à dire « faisons avec ce qui marche ». Nous en avons discuté avec les entraineurs et ils m’ont clairement dit qu’ils avaient peur que les poneys se blessent. Le dialogue est nécessaire pour pouvoir réagir. Nous l’avons donc enlevé.
 
PA : Je sais toute la fierté que te procure les nombreux passages au BIP de cavaliers désormais seniors, classés en 4 et 5 étoiles, voire piliers de leur équipe nationale de CSO. Cela fait référence aussi au circuit Poney de haut niveau que tu as toujours défendu. Un petit mot à ce sujet ?
AB : On en a plus de 50, oui ! Bertram Allen, les frères Philippaerts, Franck Schuttert Maurice Tebbel, Pierre-Alain Mortier, Alexandra Paillot, Alexandre Fontanelle, Emeric George, Mégane Moissonnier… J’ai toujours dis dans mes premières interviews que la graine de champions était sur le circuit Poney et que nous les reverrions aux Jeux Olympiques. La preuve en est. Rozier, Bosty, Delaveau, Delestre, Pessoa, ils ont tous monté à poney. Je pense que c’est un passage obligatoire et un tremplin vers le haut niveau. On voit très bien comment monte les meilleurs jeunes, ce n’est pas n’importe quoi.
 
PA : Tu avais déposé auprès de la FEI un dossier d’organisation des championnats d’Europe, dossier qui fut accepté pour 2012. Entre temps, tu t’es rendu sur plusieurs échéances européennes et notamment celle d’Avenches en Suisse, en 2008, ou nous avions discuté de ton projet. Se déplacer, voir ce qui se fait à l’étranger, être soucieux des moindres détails : n’est-ce pas cela ta marque de fabrique ?
AB : Oui sans doute. Avec du recul, c’était une bonne chose que la FEI ne m’ait pas confié tout de suite les championnats d’Europe. Le Grand Parquet était en plus en travaux. Cela m’a permis d’aller voir ce qui se faisait ailleurs et de peaufiner mon projet. Parfois, je n’ai pas eu l’impression d’arriver sur une telle échéance : pas d’animations, pas de stands, c’était d’une tristesse incroyable. Je me suis dit tout de suite « je pense que je peux faire mieux ». Ça m’a rassuré aussi.
 
PA : Si on te demande d’organiser une autre échéance européenne, que répondrais-tu ?
AB : On m’a demandé de le refaire l’année suivante et j’ai dit non. Mentalement, c’était très dur, financièrement aussi car un sponsor nous a lâché au dernier moment. Et puis je ne souhaite pas le refaire car il y a un moyen de comparaison. Nous l’avons fait une fois, on l’a réussi, on ne le refera pas même si nous avons eu de nombreux éloges.
La Britannique Millie Allen en selle sur Song Girl remportent le Grand Prix du CSIOP en 2012, puis la finale individuelle des championnats d'Europe - ph. Poney As
La Britannique Millie Allen en selle sur Song Girl remportent le Grand Prix du CSIOP en 2012, puis la finale individuelle des championnats d’Europe – ph. Poney As

PA : Que retiens-tu de ces championnats d’Europe de 2012 ?
AB : Au BIP, je fais le beau sur ma voiture électrique, lors des championnats, je faisais tout sauf le beau (rire). J’étais le président et lorsque tout le monde est arrivé, je me suis vraiment rendu compte de l’ampleur : les trois disciplines réunies dans une même compétition, c’est un vrai challenge. Ce n’est pas le BIP, c’est beaucoup de stress ! Je retiens bien sûr le côté sportif : la compétition était extraordinaire. Cette édition restera un superbe souvenir.

 
PA : Depuis 2015, tes filles Christelle et Mélanie t’ont rejoint dans l’organisation du BIP. Vous trois avez créé la société AMC Bonneau. Quel est votre mode de fonctionnement dans l’organisation de votre grande manifestation bellifontaine ?
AB : J’ai pris ma retraite de directeur de centre équestre et l’association l’Etrier d’Arbonne avec laquelle j’organisais la compétition s’est arrêtée. Comme je voulais poursuivre le BIP, je suis allé chercher du sang nouveau : mes deux filles ! Il fallait quelqu’un qui puisse gérer la manifestation car je suis avant tout un homme de terrain. Christelle n’est pas dans le milieu des chevaux, mais elle connait parfaitement la gestion, la comptabilité. Mélanie a de son côté étoffé la communication et gère parfaitement l’organisation des stands du village. Nous ne sommes pas toujours d’accord, mais nous discutons beaucoup et tout se passe très bien (rire). Notre trio est formidable, on se complète, c’est une magnifique aventure familiale. En fait, nous tirons sur la même ficelle pour arriver au même but.
 
PA : Organiser le CSIOP de France, un CSIP et de nombreuses épreuves nationales en parallèle a un coût. Peux-tu nous parler du budget déployé ?
AB : Le budget du BIP est de 330 000 €. Nous essayons de le maintenir stable d’année en année, même si les coûts augmentent.
 
PA : Comment est-il réparti ?
AB : Il y a la location du terrain qui s’élève à 37 000 € pour la durée de la manifestation, en plus des boxes, la gestion du nettoyage des boxes, la paille, la sécurité, la location des parcs d’obstacles, des tentes, l’installation du village, une majeure partie des lots et des cadeaux, la décoration des terrains… Nous avons instauré notre signature également : il s’agit des animaux en buis sur le Grand Parquet. Nous avons une centaine de personnes qui travaillent pour le BIP entre les officiels et les « bénévoles ». Certains sont logés et tous sont indemnisés. Les jeunes ramasseurs de barres sont rémunérés, tout comme les gens qui sont aux boxes. C’est assez énorme !
André Bonneau et les hommes de pistes lors de l'édition du BIP en 2012 - ph. Poney As
André Bonneau et les chefs de piste lors de l’édition du BIP 2012 – ph. Poney As
PA : Est-ce un concours équilibré ?
AB : Oui il l’est, mais nous n’avons pas le droit à l’erreur et nous ne nous rémunérons pas. Les gens pensent que l’on gagne de l’argent, mais en réalité, il nous arrive d’en perdre. Ce qui nous anime à travers ce merveilleux week-end, c’est le sport, la passion et l’engouement des participants !
 
PA : Ces dernières années, la Coupe des nations du BIP se dispute entre 3 ou 4 équipes. Par le passé, cette épreuve phare en rassemblait une dizaine, voire plus. Quelle est la ou les raisons principales de cette impasse dans le calendrier des étrangers ? Est-ce le terrain en herbe ?
AB : C’est un argument oui. Les pays nordiques ne viennent plus car notre terrain est en herbe. A l’époque, nous avions des espagnols, des italiens, des suisses : ils ne sont plus là non plus. Italiens et Espagnols ont fait le choix de passer plus vite en catégorie Children. C’est aussi l’une des raisons. Les Suisses m’ont également dit « la catégorie Poney est trop difficile, il faudrait faire des épreuves à 1,20 m ». Evidemment, je ne suis pas d’accord, ça n’aurait plus d’intérêt.
 
PA : D’ailleurs, que penses-tu du projet de transformer le Grand Parquet en carrière en sable ?
AB : C’est l’évolution logique des choses ! Nous sommes pour, bien sûr, il faut évoluer avec notre temps. Ce serait une erreur de s’acharner. Lors de la Grande Semaine de l’élevage, il y a eu 1750 chevaux en 10 jours : quel terrain en herbe peut tenir ? Il n’y en a pas. Il n’y a plus de championnats poneys et chevaux – d’Europe, du Monde et JO – organisés sur herbe. Les carrières en herbe propices à l’organisation de belles compétitions ne sont utilisées qu’une fois par an et le Grand Parquet n’a pas les moyens d’entretenir ce terrain pour un seul concours. On ne peut passer que 250 chevaux maximum par jour : avec la location du Grand Parquet, on perd de l’argent. Louer le Grand Parquet uniquement n’est pas rentable, il faut impérativement faire fonctionner les autres pistes. Le Petit Parquet sera sablé à partir de cette année, nous verrons si les étrangers vont engager sur cette piste.
 
PA : Aujourd’hui, dans les programmes internationaux européens, les CSIOP sont incorporés aux labels CSIOCH (Childrens), CSIOJ (Juniors), CSIOY (Jeunes Cavaliers). Le CSIOP de France fait office d’exception. Est-ce une crainte pour toi dans le cadre de la poursuite du BIP ? Est-ce que les instances t’ont contacté à ce sujet ?
AB : Oui, c’est l’une de mes craintes et j’ai peur de perdre le label CSIOP. En 2020, on nous l’avait retiré et j’ai appris que deux organisateurs l’avaient mis dans leur programme. Nous nous sommes battus pour le maintenir ici, pour les 20 ans du BIP ! La discussion auprès des instances n’a pas été entamée, mais nous avons eu des échos : la FEI nous pousserait, nous français, à ne choisir qu’une seule date. Pour le moment, nous en avons deux dans le calendrier : Fontainebleau pour les poneys et Deauville pour les autres labels « Jeunes ». Le BIP est un concours dédié aux poneys, c’est cela qui nous anime par-dessus tout. Nous souhaitons garder ce concept.

 

En 2013, Justine Maerte et Shamrock du Gite mettaient à leur actif le GP des 7 ans. Ils seront sacrés champions d'Europe en individuel deux ans plus tard - ph. Poney As
En 2013, Justine Maerte et Shamrock du Gite mettaient à leur actif le GP des 7 ans. Ils seront sacrés champions d’Europe en individuel deux ans plus tard – ph. Poney As
PA : André, es-tu inquiet par rapport au circuit international Poney ?
AB : Oui, je le suis. Je ne sais pas comment il va évoluer, mais je crains que le circuit Children, en plein développement, prenne le dessus. Je pense qu’il va donner un coup de massue au circuit Poney.
 
PA : L’avenir du BIP, comment l’envisages-tu alors ?
AB : Après tous ces remaniements de CSIO, il va falloir se poser les bonnes questions. C’est-à-dire trouver de nouvelles idées, dynamiser la manifestation et continuer à nous démarquer. J’ai peur que le BIP, sans son CSIOP, perde sa notoriété. Mais nous n’en sommes pas là ! En tout cas, il y a toujours cette même passion et cette ferveur intacte pour l’organiser. Depuis 2015, le BIP a pris de l’ampleur au niveau des animations que Mélanie développe, notamment avec celles des associations aidant les enfants malades (cf. encadré) via un réseau régional de santé en Île-de-France, le RIFHOP. Ça, c’est une vraie évolution.
 
PA : 20 ans de BIP, c’est aussi 20 ans de sélection d’élevage de poneys de sport en France. Tu as pu observer de près cette évolution, cette véritable transformation. Que penses-tu de la qualité sportive de nos poneys aujourd’hui ?
AB : Les éleveurs se sont orientés vers le haut niveau. Ils ont croisé des étalons chevaux performants en 4 et 5 étoiles avec des ponettes. Ils ont apporté de la taille, mais surtout du galop, de la foulée. Les poneys d’aujourd’hui trottent, galopent, ils ont de l’envergure ! Nos anciens poneys n’étaient pas de ce niveau, même si les meilleurs de l’époque avaient déjà ces qualités. Ils étaient par contre beaucoup moins nombreux. Les éleveurs élèvent différemment et cherchent à faire la meilleure sélection possible.
 
PA : Enfants cavaliers, coachs, circuit de compétitions, programme mis en place par la Fédération Française d’Equitation : le Sport Poney s’est également professionnalisé. Quel est ton avis ?
AB : On voit beaucoup de coachs, cavaliers de haut niveau. Les poneys sont travaillés comme les chevaux. Oui, je suis d’accord, tout s’est professionnalisé. La FFE organise depuis quelques années maintenant des rassemblements avec le sélectionneur et divers intervenants. Olivier Bost, entre autres, a fait un excellent travail. Il a su aussi inculquer le respect. Pour le cavalier, cela passe par son poney, son entraineur et ses parents ! N’oublions pas que les parents sont les premiers sponsors des enfants ! Il a su créer une dynamique de groupe. Les stages fédéraux servent à donner des conseils et permettent de voir la progression des couples. Si les cavaliers sont à ce niveau-là, c’est aussi et surtout grâce au travail de fond qui est fait tous les jours avec les coachs. L’évolution vient de là. Aujourd’hui, l’équipe de France gagne et fait partie des meilleurs. Il y a des médailles. Nous n’en avions pas avant…

André Bonneau et son équipe fidèles au rendez-vous en 2014 - ph. Camille Kirmann

PA : On parle là de la professionnalisation de tout un système. Vois-tu un lien avec le BIP ?

AB : Oui, et sans m’envoyer de fleurs, je crois que le BIP a contribué à cette évolution. Les enfants sont mis à l’épreuve, par rapport au terrain d’honneur et aux parcours, et pour y arriver, il faut qu’ils soient rigoureux dans leur travail et en piste. Nous n’avons jamais négligé le petit niveau et nous donnons l’occasion aux cavaliers des épreuves nationales de pouvoir regarder les meilleurs sur le Grand Parquet. C’est très motivant pour eux ! Ma stratégie a toujours été de mettre les plus petits niveaux sur la carrière la plus lointaine du terrain d’honneur. Puit Cormiers, Spring Garden, carrière des Princes, Petit Parquet : au fur et à mesure qu’ils évoluent et progressent, ils se rapprochent du terrain d’honneur. Le fait de pouvoir observer le haut niveau a débouché sur une prise de conscience par rapport aux montures que les enfants doivent avoir pour évoluer sur ce type d’épreuves. Je pense qu’on a motivé tout le monde. Et puis sur tous les terrains il y a de belles barres, de beaux cadeaux et des remises des prix appréciées. On a des jurys de qualité, de bons chefs de piste… L’évolution, les poneys, la qualité : le cœur du BIP, c’est ça !
 
Alors qu’il espérait « que l’on passe un moment convivial, sportif et familial », André Bonneau a dû, avec son équipe, se résoudre à annuler le BIP. « C’était la vingtième et j’ai encore du mal à digérer tout cela. Mais le principal, dans cette situation de crise sanitaire, est que chacun reste prudent ».
 
Propos recueillis par Pauline Bernuchon
 
1 parcours sans-faute = 1 € !
Le réseau d’Île-de-France RIFHOP (hématologie oncologie pédiatrique) fait le lien entre toutes les personnes impliquées dans les prises en charge des enfants et des adolescents atteints de cancers ou leucémie dans la région. La cause tient particulièrement à cœur à André et ses filles, Mélanie et Christelle. « Depuis l’an passé, en plus des dons et de la tombola, nous avons développé le système suivant : un parcours sans-faute égal 1 € pour l’association. C’est notre partenaire Brunet Tentes qui est à l’initiative de cette opération. Elle consistait l’an passé à comptabiliser les sans-fautes du Grand et Petit Parquet. Cette année, nous devions nous joindre à lui en incluant tous les terrains du BIP : 2 € devaient être versés par sans-faute », explique Mélanie. L’an passé, l’association est repartie du BIP avec 3500 € ; une somme qui peut allègrement augmenter compte-tenu de la fréquentation de la manifestation. « C’est important que les enfants du BIP se rendent compte que tout le monde n’a pas la même chance. 1 € par sans faute, ce n’est pas beaucoup, mais ça peut faire la différence. Si la mise en lumière du BIP peut permettre cette prise de conscience et générer une petite enveloppe financière pour l’association, alors notre objectif est atteint ». Précédemment, le BIP soutenait Votre Ecole Chez Vous (VECV), association reconnue d’utilité publique, permettant une scolarisation à domicile des enfants et adolescents gravement malades ou handicapés ou présentant des troubles sévères des apprentissages.
 
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