COVID-19 : Comment nos tricolores et leurs poneys vivent le confinement ?

Annoncées lundi soir, les mesures pour lutter contre l’épidémie de Coronavirus ont été strictes : les français doivent rester chez eux. Écuries fermées jusqu’au 15 avril, compétitions annulées pour une durée indéterminée et école à la maison, Poney As part à la rencontre de quatre tricolores présents aux derniers championnats d’Europe de Strzegom. Ils nous expliquent leur organisation.

Chloé Gualtieri et Virtuose Teakitina - ph. Poney As
Chloé Gualtieri et Virtuose Teakitina – ph. Poney As

« L’accès à toute personne ne faisant pas partie du personnel de l’établissement est interdit jusqu’au 15 avril 2020 », est précisé dans le communiqué paru ce mercredi par le Groupement Hippique National. La plupart des cavaliers, dont Jeanne Hirel et la complétiste Chloé Gualtieri, n’ont donc pas accès à leurs écuries. « Dès que Virtuose (Teakitina) n’est pas travaillé, il peut se montrer très émotif », explique Chloé avant de reprendre. « Ma coach va le monter 5 fois par semaine, les autres jours il fera de la liberté ».

« J’essaie vraiment de trouver une solution pour aller m’en occuper, mais ce n’est pas simple, je suis basée à 30 minutes de mes écuries », confie Jeanne Hirel. « Je ne suis pas encore certaine de l’organisation, je ne pense pas qu’ils seront montés, mais ils seront tout de même sortis au marcheur, lâchés dans le manège ou au pré par le personnel ». Ces deux pilotes-ci ont l’impression que leurs journées vont être longues puisqu’elles n’ont que leurs devoirs à faire. La Toulousaine Jeanne Hirel va tout de même maintenir sa condition physique, « je vais courir le matin puis faire du vélo d’intérieur ainsi que du rameur ».

Romane Orhant et Quabar des Monceaux - ph. Poney As
Romane Orhant et Quabar des Monceaux – ph. Poney As

D’autres amazones, comme Romane Orhant ou la dresseuse Salomé Wenske ont l’avantage d’avoir leurs poneys chez elles. « Ma maison est voisine des écuries et est collée au manège, je n’ai qu’à traverser mon garage pour m’y rendre », informe cette dernière. Du côté de la Normande Romane Orhant, elle consacre ses matinées à ses devoirs puis ses après-midis à ses poneys. Celle-ci a davantage de temps pour jouer avec eux en liberté dans la carrière ou faire l’intégralité des soins, temps qu’elle n’a pas habituellement en rentrant de l’école tard le soir.

Salomé Wenske et Turfhorst Painted Colors - ph. Poney As
Salomé Wenske et Turfhorst Painted Colors – ph. Poney As

Chloé Gualtieri : « Garder à tout prix les poneys en forme »

« Le but n’est pas d’avoir un travail intense puisque nous n’avons pas de concours à préparer, mais de les occuper » affirme Romane Orhant. « Ce sont des poneys qui aiment aller en concours alors il ne faut pas qu’ils s’ennuient » insiste-t-elle. Chacune des cavalières interviewées voient tout de même un avantage à cette période de confinement : affiner et travailler chaque détail jugé trop approximatif. « Mon coach Claude Castex m’a donné quelques exercices à réaliser surtout avec Quabar (des Monceaux) puisqu’il le connaît bien plus que moi, puis je vais sautiller une à deux fois dans la semaine sur des petites hauteurs pour les gymnastiquer ». Bien que Chloé Gualtieri ne puisse pratiquer son sport, sa coach Marine Colmant (MC Sporteam) « va tout de même travailler mon poney pour qu’il s’améliore ». La dresseuse Salomé Wenske va continuer à réaliser quelques séances poussées type « veille de concours » avec son poney Turfhorst Painted Colors, mais il aura tout de même le droit à du stretching, de la liberté et des moments de broutage avec sa cavalière.

Jeanne Hirel - ph. Poney As
Jeanne Hirel – ph. Poney As

Jeanne Hirel : « Être dans l’attente est le plus compliqué » 

Les concours s’annulent petit à petit, mais les échéances de juillet (si elle se tiennent) vont arriver à grands pas. Nos tricolores interrogées ont la même appréhension : arriver aux championnats de France ou d’Europe avec peu d’entraînement, autant pour les poneys que pour elles. « Le championnat de France reste tout de même une grosse échéance puisqu’il permet de déterminer les couples sélectionnés pour les championnats d’Europe, il faut nous y préparer et avoir fait de belles Tournées des As avant » souligne Jeanne Hirel. « Lors du championnat d’Europe tout est différent, je parle aussi bien de la difficulté des parcours que de la concurrence. J’espère que nous aurons au moins un CSIOP. Il reste visiblement que celui d’Hagen ; d’ailleurs, il prépare vraiment très bien : les parcours sont gros et très techniques, ils nous permettent de voir si nous sommes réellement prêts », appuie sa coéquipière Romane Orhant. « Même pendant une saison normale, j’ai de l’appréhension car je suis une personne de nature stressée, dans ce cas-ci, où nous n’allons pas en concours pendant une longue période, je pense que j’aurai davantage de stress. Mais, je sais de quoi Virtuose et moi sommes capables, si je lui fais confiance, je sais que tout ira bien », conclut Chloé Gualtieri.
 
Léa Tchilinguirian 
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