Emma Méric : « Il faut garder la tête sur les épaules. En équitation, on peut atteindre des sommets, puis très vite retomber ! »

« C’est pour monter sur de telles pistes que l’on fait ce sport. Lyon est l’une des plus grandes pistes indoors d’Europe après Genève et le public est extraordinaire, toujours prêt à nous encourager ! » nous confiait tout à l’heure le cavalier de l’équipe de France Marc Dilasser, dans les tribunes du 5*. Cette adrénaline est sans aucun doute décuplée pour les tous jeunes cavaliers qui ont l’honneur de s’y élancer avec leurs poneys dans le cadre du FEI Jumping Ponies’ Trophy. A cet effet, nous avons rencontré Emma Méric, gratifiée de la meilleure performance tricolore ce matin avec Venise des Islots (Pfs, par Balthazar, Han et Adora Bruere, Co par Alfa van de Fluithoek). 
Coupes des nations, championnat de France As Excellence, championnat d’Europe, étape Lyonnaise… la souriante amazone nous évoque sa saison 2018/2019 marquée par d’incroyables « premières fois ».
Au terme d'un parcours sans faute et efficace, Emma Méric et Venise des Islots se sont classées 5e de la première épreuve internationale de Lyon - ph. Poney As
Au terme d’un parcours sans faute et efficace, Emma Méric et Venise des Islots se sont classées 5e de la première épreuve internationale de Lyon – ph. Poney As

Poney As : Emma, peux-tu nous parler de tes premières sélections en équipe de France et notamment en Coupe des nations ?
Emma Méric : C’était à Opglabbeek en début de saison. J’étais très contente et je ne m’y attendais pas forcément. Il y avait une top ambiance ! Lorsqu’on y goûte, on a envie d’être de nouveau sélectionnée et d’en refaire, c’est une super expérience. Ensuite, je ne m’attendais pas à être prise dans les 4 de la Coupe des nations de Fontainebleau car il y avait tout un groupe de cavaliers vraiment performant. Cette Coupe des nations reste mon meilleure souvenir à poney, les tribunes étaient pleines et tout le monde nous encourageait. Après notre deuxième place, nous étions un peu déçues, mais nous nous sommes bien battues. 

PA : Que représente pour toi l’exercice de la Coupe des nations et le fait de représenter l’équipe de France ?
EM : On est en équipe, donc on a plus de pression. Si on se rate, c’est l’équipe qui prend ! Nous avons toujours été très soudées ce qui nous a permis d’avoir de bons résultats sur toutes les Coupes courues cette saison. Lorsque toute une équipe se soutient dans le même objectif, il en ressort des sentiments géniaux !
 
PA : Que retiens-tu de tes premiers championnats de France As Excellence et d’une manche notamment qui t’a fortement pénalisée ?
EM : Je reste un peu mitigée, un peu déçue de ma 8e place, je visais mieux. J’ai toutefois réussi à me rattraper sur la dernière manche où il y a eu pas mal de gros scores, donc je suis remontée dans le classement. Je dois avouer que j’avais un doute par rapport à ma sélection pour les championnats d’Europe !
Emma Méric et Venise des Islots - ph. Poney As
Emma Méric et Venise des Islots dans le triple du FEI Jumping Ponies’ Trophy – ph. Poney As
PA : Apprendre ta sélection pour les championnats d’Europe de Strzegom a donc été une surprise ?
EM : Oui, complètement ! J’étais vraiment très contente. Ce sont mes parents qui m’ont appris la bonne nouvelle.
 
PA : Tu sembles avoir la tête sur les épaules et être très lucide. En bref, rien n’est jamais acquis. Tu nous confirmes ce sentiment ?
EM : Oui absolument. C’est cet état d’esprit qu’il faut avoir je pense, et surtout lorsque l’on fait de l’équitation. On peut atteindre des sommets, puis très vite retomber ! Il ne faut pas se faire de faux espoirs, cela permet de nous protéger aussi. Il faut tout donner pour pouvoir être sélectionné et ne pas avoir de regret, mais se dire que rien n’est couru d’avance.
 
PA : Ces championnats d’Europe justement, tu nous les racontes en quelques mots ?
EM : J’ai appris que j’étais 5e et donc la cavalière individuelle après la première manche. J’étais assez déçue quand même, mais contente à la fois de partager la médaille, sur le podium, avec les filles ! J’ai essayé de tout donner en individuel et ces championnats se sont bien passés. Je fais un sans-faute dans la première manche de la finale, en passant en n°1 (5 sans-faute seulement recensés, ndlr). Elle était difficile, il fallait prendre le temps de bien faire les choses. J’ai essayé de monter calmement et ma jument, au fil des parcours, a été de mieux en mieux, plus sereine, plus calme, plus relâchée. Avant d’y aller, cela représentait un rêve pour moi. Une fois là-bas, je n’ai pas trop réalisé et après coup, je me suis rendue compte que nous faisions parties des 5 meilleurs couples de notre pays. Strzegom, je m’en rappellerai toute ma vie !
 
PA : Que s’est-il passé ensuite pour Venise et toi ?
EM : Venise a eu un peu de vacances à la maison, au pré, puis nous avons repris par une petite TDA (victoire dans la Vitesse et l’As Excellence de Muret). Elle s’est très bien remise. Nous avons été sélectionnées en septembre pour la finale des Coupes des nations à Opglabbeek. Le premier jour, je réalise un sans-faute dans l’épreuve par équipe. Le second, je fais 2 barres dans le Grand Prix, ma jument était un peu crispée. Le dernier jour, dans la seconde manche de la Coupe, je commets une faute sur la rivière. L’équipe est 5e. On visait mieux.
 
PA : A Opglabbeek, tu endossais avec Ilona un rôle de pilier vis-à-vis des petits jeunes entrés en équipe de France tels que Nohlan et Mathis Vallat. Les avez-vous conseillés ?
EM : Ils se sont supers bien intégrés au groupe, nous nous sommes tout de suite bien entendus. Oui, le petit conseil était de ne pas se mettre la pression et qu’ils déroulent leur parcours naturellement.
Pour Emma, le parcours de ce matin était « avant tout un parcours de travail pour préparer le Grand Prix à 1,35 m de demain » - ph. Poney As
Pour Emma, le parcours de ce matin était « avant tout un parcours de travail pour préparer le Grand Prix à 1,35 m de demain » – ph. Poney As
PA : Tu viens de te classer 5e de la première épreuve du CSIP Jumping Ponies’ Trophy de Lyon. Que retiens-tu de cette matinée ?
EM : La piste de Lyon est superbe, c’est extraordinaire ! Ce qui est top, c’est que nous avons pu les monter tôt ce matin (6 heures), au milieu des meilleurs cavaliers du monde qui détendaient également leurs chevaux. C’était génial. Les poneys se sont bien familiarisés avec l’environnement et ils n’ont pas été trop « sur l’œil ». Ce tour n’était pas très haut, 1,25 m, par contre il y avait déjà des combinaisons, double et triple, ainsi que des contrats de foulées à choisir ; c’était un peu de « l’entre deux ». Ma jument a déroulé son parcours assez facilement, j’étais très contente.
 
PA : C’était un parcours de travail ou visais-tu un sans-faute rapide pour être au classement ?
EM : C’était avant tout un parcours de travail pour préparer le Grand Prix à 1,35 m. Je n’ai pas pris toutes les options, Venise est rapide naturellement. Demain, il faudra essayer de sortir un sans-faute et pour être au classement, rééditer au barrage. Les étrangers sont efficaces et très rapides !
 
PA : Feras-tu la prochaine étape de Stuttgart et vises-tu la finale ?
EM : Cela va dépendre du nombre de places que la France aura pour Stuttgart. Tout n’est pas encore bien défini. Je vise déjà un bon résultat demain, nous verrons ensuite !
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