Emmanuel Quittet : « Ce que je veux voir c’est de la répétition, de la réflexion, de la sûreté sur les trois tests »

La Super As de Concours Complet de Fontainebleau était comme chaque année synonyme de revue des troupes pour le sélectionneur national Emmanuel Quittet. Cette compétition permettait effectivement de réunir tous les couples, après les étapes de Saint-Mars-d’Outillé, Laizé, Coulandon, ainsi que les deux internationaux et le stage fédéral il y a quelques jours.

Emmanuel Quittet et Michel Asseray, toujours là pour coordonner la stratégie fédérale et assurer sa réussite - ph. Marine Delie
Emmanuel Quittet et Michel Asseray, toujours là pour coordonner la stratégie fédérale et assurer sa réussite – ph. Marine Delie

Vu le nombre important d’engagés, le réservoir de couples semble très bon. Jugez plutôt : 30 couples dans l’As Elite, 48 dans l’As 1 ! Le rendez-vous francilien a fait le plein… de quoi faire une bonne revue d’effectif avant l’hiver ! C’est également l’avis d’Emmanuel Quittet, qui peut encore compter sur 3 tricolores ayant l’expérience des championnats d’Europe, à savoir Maé Rinaldi (Boston du Verdon), Zoé Ballot (Voltair de Lalande) et Ambroise Maindru (Versailles des Morins). « En termes d’effectif on est plutôt très bien. Il y a le souci habituel, qui n’est pas simple à gérer, d’en avoir trois qui ont déjà été aux championnats d’Europe, dont deux qui sont médaillés [Maé et Zoé, Ambroise concourant uniquement en individuel et ayant terminé sixième, ndlr]. Ils doivent désormais recommencer et faire aussi bien. C’est assez compliqué, on a rarement réussi à le faire car souvent il y a une baisse de régime. C’est un vrai souci pour moi de ne pas refaire les mêmes bêtises que les autres années, d’arriver à remotiver l’équipe et à la remettre dans les mêmes conditions [si depuis de nombreuses années le complet français ramène systématiquement au moins une médaille, il est vrai que jamais l’Equipe de France n’a réussi à conserver son titre européen l’année suivante, ndlr]. Après, pour le reste du groupe, il y a 3,4,5 couples qui tournent très bien déjà. Ils sortent un peu de l’ordinaire et je les regarde attentivement pour préparer les futures échéances ».

Construction du groupe autour des expérimentés aux championnats d'Europe, comme par exemple Zoé Ballot et Voltair de Lalande - ph. Marine Delie
Construction du groupe autour des expérimentés aux championnats d’Europe, comme par exemple Zoé Ballot et Voltair de Lalande – ph. Marine Delie

Dans ces conditions, tout est fait pour optimiser la performance des couples. La stratégie fédérale s’appuie notamment sur les Tournée des As et les stages fédéraux, à l’image de celui qui a eu lieu lors des vacances de la Toussaint au Parc Equestre Fédéral. Comme l’explique le sélectionneur, ce sont en effet des rendez-vous essentiels dans la préparation des grosses échéances. « En termes de préparation justement, il y avait le stage fédéral il y a quelques semaines, en travaillant sensiblement les mêmes points que d’habitude. On a fait un travail de juge et de présentation au niveau du dressage. On les a filmé pour insister sur leur position, leur façon de fonctionner, l’attitude de leur poney, et on leur montre immédiatement la vidéo. On a également fait deux séances d’obstacles classiques avec Pascal Henry, et des petites gymnastiques avec moi sur le gué le dimanche matin. Comme toujours on a aussi fait des briefings, sur la préparation du poney, la place de chacun (les parents, les coachs …). Dans la vision de 2022 on est bien entrés « dans les affaires », donc c’est positif ! ».

Emmanuel Quittet garde aussi un oeil sur les couples d'As Poney 1, toujours dans l'optique de construire un bon réservoir - ph. Marine Delie
Emmanuel Quittet garde aussi un oeil sur les couples d’As Poney 1, toujours dans l’optique de construire un bon réservoir – ph. Marine Delie

Les premiers résultats de ce travail pouvaient être observés à l’occasion du concours de ce week-end : « ce concours de Fontainebleau est fait pour faire une revue d’effectifs. Il y en a toujours un ou deux que j’aurais préféré voir monter mieux que ça, mais il y a encore d’autres concours pour travailler, avec des enseignements à tirer ».

« Ce concours de Fontainebleau me permet de faire une revue d'effectifs », rappelle Emmanuel Quittet – ph. Marine Delie
« Ce concours de Fontainebleau me permet de faire une revue d’effectifs », rappelle Emmanuel Quittet – ph. Marine Delie

Cette étape, dans la lignée du stage fédéral, est également l’occasion pour le chef de file des bleuets d’insister auprès des cavaliers sur ce qu’il recherche en termes de profil de couples. « Comme je le dis toujours au regroupement de Lamotte, l’objectif n’est pas forcément d’être dans les six premiers à Fontainebleau. Ceux qui veulent performer au niveau européen doivent être en permanence dans le progrès, dans la répétition de la performance et dans la réflexion de pourquoi ça ne marche pas ou pourquoi ça pourrait mieux marcher. Ce que je veux voir c’est de la répétition, de la réflexion, de la sûreté sur les trois tests. En somme, être obnubilé sur « je monte bien » », plus que sur le résultat en lui-même ». Indéniablement, vu le nombre de breloques ramenées par les complétistes français ces dernières années, c’est une philosophie qui marche ! Gageons que les cavaliers vont murir ces précieuses réflexions pendant la trêve hivernale, afin d’arriver au meilleur de leur forme à la sortie de l’hiver.

Marine Delie

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