Adélaïde Alexandre : cavalière vétérinaire (1/4)

Passionnée par les chevaux, ancienne cavalière du circuit Grand Prix Poney, Adélaïde Alexandre avait pour rêve, petite fille, de devenir vétérinaire. Objectif atteint pour la jeune femme de 32 ans qui fut, lorsque nous l’avons interrogée, assistant hospitalier de pathologie locomotrice à l’école vétérinaire de Nantes (ONIRIS). Etudes, formation, pratique, Adélaïde s’est livrée au jeu des questions-réponses lors d’un précédent magazine. Elle nous raconte son expérience et son parcours professionnel ; ce long chemin qui mène à ce merveilleux métier.

Adélaïde Alexandre et l'étalon Connemara Fricotin - ph. coll. privée
Adélaïde Alexandre et l’étalon Connemara Fricotin au début des années 2000 – ph. coll. privée

Il y a presque 5 ans, à travers notre magazine (la quatrième édition), un long-format était dédié au parcours d’Adélaïde. Nous vous proposons de le retrouver, sous forme d’interview en quatre volets. Le premier : sa passion pour les chevaux, ses années sur le circuit Grand Prix Poneys, ses premières sélections en équipe de France et quelques petites anecdotes.

Adélaïde Alexandre a abordé les Grands Prix avec l’étalon Connemara Cyrano Pondi (frère utérin de Dexter Leam Pondi), puis avec Tarasque (Pfs, par Echiehh, Ar et Helen’s Lyre, Co par Carna Bobby), avec qui elle empocha l’argent au championnat de France Petit Grand Prix en 2001. C’est avec la complicité d’un autre étalon Connemara, Fricotin (par Glenree Bobby et Ulla de la Nievre par Nimbus IV), que la jeune cavalière a passé le cap du Grand Prix Elite (aujourd’hui nommé As Poney Elite Excellence). Avec lui, une victoire à Ozoir-la-Ferrière, les premiers Grands Prix internationaux et un championnat de France conclu par une excellente sixième place. 

Poney As : Adélaïde, comment as-tu attrapé le « virus du cheval » ?
Adélaïde Alexandre : Je suis tombée dedans très petite, je crois que je montais déjà à cheval jusqu’à 2 mois avant ma naissance ! En effet, j’ai la chance d’être née dans une famille d’éleveurs et d’hommes de chevaux passionnés. Mon grand-père, Frédéric Hurel, qui est le frère du papa de Jérôme Hurel (cavalier de CSO, membre de l’équipe de France aux championnats d’Europe), en a fait son métier et s’est installé près d’Alençon il y a une quarantaine d’année. Ma maman, Marie-Christine Hurel, a suivi son chemin et a passé son monitorat après le Bac avant de s’installer dans les écuries familiales. Elle a monté très longtemps en compétitions (jeunes chevaux et Pro 2) et je l’ai accompagnée depuis mon plus jeune âge. Je pense que c’est l’ensemble de ces éléments associés à un papa, Raphaël Alexandre, lui aussi cavalier amateur (mais plutôt de Concours Complet), qui ont fait que j’ai effectivement été atteinte par le « virus cheval ». J’ai commencé à monter à poney alors que je ne marchais pas encore. Mon petit Shetland de l’époque, Leon, ne m’a pas fait de cadeaux et il a bien fallu que je m’accroche pour progresser ! J’ai commencé mes premiers concours poneys officiels avec une ponette, Eclipse, que mon grand-père avait achetée pour le club (l’Etrier de Chauvigny) et qui s’était avérée un peu difficile, et avec Guindy, pur produit de notre élevage puisque son arrière-grand-mère était elle-même la première jument de ma maman. Toutes les deux étaient des ponettes bourrées de sang et je ne pouvais pas me permettre de les laisser galoper et de jouer le jeu à fond ; je m’efforçais alors de faire des tours propres en essayant de ne pas me faire déborder pour ne pas me faire embarquer. Lors de mon deuxième concours à Argentan, je courrais alors une B3 avec Eclipse et une C3 avec Guindy qui avait 4 ans. En sortie de piste, Monsieur Parisot (élevage de Loye, ndlr) est venu trouver ma maman, car il avait apprécié mes parcours, dans le sens ou « je ne faisais pas la course à l’échalote » comme on disait à l’époque ! Il nous a alors dit qu’il avait chez lui une très bonne ponette qui avait fait Grand Prix, qui venait d’avoir un troisième poulain, mais qui était en forme et qu’il souhaitait remettre en compétition. Il nous a demandé si nous étions intéressées, s’il était possible qu’il me la confie. C’est ainsi que j’ai rencontré quelques mois plus tard celle qui m’a tout appris, la maitresse d’école parfaite : Tarasque. Je me l’étais imaginée alezane, elle était grise ; j’ai pensé que tout serait facile, je suis tombée dès ma première séance d’obstacle… Mais, elle m’a très vite mise en confiance et fait progresser, c’était une jument extraordinaire, toujours présente quand il le fallait. Je me souviens de mon premier « gros concours » avec elle, c’était un prix du champion au Salon du Cheval, j’en garde un très bon souvenir, cette ambiance et puis… monter au Salon c’était quelque chose ! Après quelques mois – peut-être même années – de collaboration avec Monsieur Parisot, celui-ci m’a fait monter Fricotin, d’abord au pied levé, le poney changeait alors régulièrement de cavalier selon les disponibilités de chacun. Puis, je suis devenue sa cavalière attitrée. C’était un poney exceptionnel, beau et bon à la fois !!! J’ai donc eu la chance de progresser avec ces deux poneys, Tarasque me permettant de découvrir progressivement le haut niveau jusqu’au championnat de France Grand Prix en 2001, et Fricotin, grâce auquel j’ai pu remporter le Grand Prix d’Ozoir-la-Ferrière (après une mémorable chute au paddock) et intégrer l’équipe de France pour quelques concours internationaux.

L'épreuve par équipe du CSIP de Fontainebleau (le futur BIP) en 2002 restera pour Adélaïde Alexandre un moment inoubliable. A droite, associée à Fricotin, elle partageait la victoire avec Emeric George (Caline de la Ferme), Nicolas Porte (Ulma du Latou) et Charlotte Robin (Gazelle des Telier) - ph. Poney As
L’épreuve par équipe du CSIP de Fontainebleau (le futur BIP) en 2002 restera pour Adélaïde Alexandre un moment inoubliable. A droite, associée à Fricotin, elle partageait la victoire avec Emeric George (Caline de la Ferme), Nicolas Porte (Ulma du Latou), Charlotte Robin (Gazelle des Telier) et l’entraineur national Marcel Delestre – ph. Poney As

PA : Quel est ton meilleur souvenir à haut niveau ?
AA : L’un de mes meilleurs souvenirs reste sans nul doute la Coupe des nations de Fontainebleau avec Fricotin. Nous étions à l’époque deux équipes de France dans cette Coupe (le BIP ne portait pas encore le label « CSIOP », ndlr), une équipe A et une équipe B, la mienne. Nos poneys ont été fantastiques et nous sommes arrivés 2e, battant nos collègues de l’équipe A, c’était un moment inoubliable. Inoubliable aussi cette motivation que nous transmettait Marcel Delestre, alors entraîneur de l’équipe Poney, avec cette petite claque sur la cuisse avant de rentrer en piste en nous disant « allez, bonne route ». J’y repense à chaque fois que j’ai la chance de remonter sur le Grand Parquet !

PA : Avec qui suivais-tu tes entraînements ?
AA : Ma maman m’a toujours coachée et suivie en concours depuis mon plus jeune âge. J’avais la chance d’avoir mes poneys au club et maman les travaillait le lundi, le mardi et le jeudi en général. Je montais donc le mercredi et le week-end. La priorité a toujours été mise sur mes études et mes devoirs passaient avant tout. Je n’ai donc jamais monté plus que ces jours-là. J’essayais de participer à un maximum de stages fédéraux mais, globalement, je n’ai jamais travaillé avec personne d’autre que ma maman et Marcel Delestre ou Francis Rebel lors de mes premières années sur Tarasque.

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