Emmanuel Quittet : « la médaille d’or aux championnats d’Europe est parfaitement réalisable »

 

Emmanuel Quittet avec Louise Petitjean, gagnante du CCIOP de Marbach et Jonas de Véricourt, de l'équipe n°1 - ph. Léa Fayol
Emmanuel Quittet avec Louise Petitjean, gagnante du CCIOP de Marbach et Jonas de Véricourt, de l’équipe n°1 – ph. Léa Fayol

En rentrant du CCIOP de Marbach, après une grosse halte à Jardy où il a pu peaufiner les parcours de cross de la TDA de ce week-end, Emmanuel Quittet, sélectionneur national de l’équipe de France Poneys de CCE, nous a consacré du temps pour une interview. Le CCIOP de Marbach, mais aussi l’état de forme de sa troupe, le planning international de cette année ou encore les objectifs font partie des sujets abordés.

 
Poney As : Avec deux victoires en équipe et en individuel en plus de divers accessits, l’équipe de France fait un carton plein ce week-end à Marbach. Il y a de quoi être satisfait ?
Emmanuel Quittet : Oui bien sûr, c’est formidable ! En plus, c’est la première fois à Marbach que nous remportons le dressage avec deux françaises aux deux premières places notées à 75%. C’est l’une des grandes satisfactions. Gagner ce test en Allemagne, le pays du dressage, on n’aurait pas pensé cela il y a 5 ou 6 ans ! Trois ou quatre autres couples n’étaient pas loin non plus derrière. Sur le cross, Jeanne Breuil fait un stop et ses coéquipiers sont tous sans-faute. Ils ont répondu présents. Sur le CSO, on a néanmoins eu un souci au paddock avec 3 poneys qui se sont fauchés dont Ut Janière (le poney de Jeanne Breuil) et Virtuose Teakitina (celui de Chloé Gualtieri). Le sol n’était pas bon et le paddock est devenu compliqué. Je ne veux pas en faire une excuse, mais cela a perturbé le bon déroulement du CSO. Il y a eu des répercussions sur Lisa aussi. Ça n’a rien changé au résultat final de l’équipe, mais c’était embêtant.
 
PA : Le cross était-il semblable à celui de l’an passé ?
EQ : Je pense qu’il était plus facile, plus gros, mais moins technique. Curieusement, il a fait plus de dégâts. Manon et Urgence, 20e du dressage, en faisant double 0, remontent 3e. Les allemands ont fait un tir groupé au dressage de la 3e à la 9e place (tous à -29, ndlr) et après le cross et le CSO, il n’étaient plus que deux dans les 10 premiers…
Manon Marin et Urgence de Bel’Air - ph. Léa Fayol
Manon Marin et Urgence de Bel’Air – ph. Léa Fayol
 
PA : Parmi les grandes satisfactions de ce CCIOP, lesquelles retiens-tu entre autres ?
EQ : Louise et Versailles bien sûr, qui gagnent en individuel et par équipe. Il y a un an et demi, ils étaient à 65% sur le carré, cette année en As Elite à 70%, puis à 75% à Marbach : la progression sur le plat est superbe et sur l’hippique il y a de nets progrès. Il y a aussi Manon Marin et Urgence de Bel Air. Elles ont bien progressé en dressage et sont désormais à 68%. Elles réalisent aussi un double 0 avec la manière. Chloé Gualtieri a fait de bonnes choses, tout comme les 4 de l’équipe. Winnetou, le poney de Lilou Ducastaing, a bien travaillé pendant 3 jours, mais c’est montré compliqué sur le carré. Jonas et Vidock se sont bien comportés. On arrive à avoir de meilleures choses sur le plat, le poney est plus relâché et plus souple, mais il est moins tonique et réactif du coup sur les barres (une barre sur les deux derniers Grands Prix). Ça devrait se régler, je ne suis pas inquiet.
Louise Petitjean et Versailles des Morins - ph. Léa Fayol
Louise Petitjean et Versailles des Morins – ph. Léa Fayol
 
PA : Pourquoi cette étape à Marbach dans le calendrier de ta troupe ?
EQ : Nous n’y allons pas pour la difficulté du cross, mais pour travailler tout un tas de choses comme le dressage. C’est aussi un concours qui est important, il y a un 4* et un 2* avec 70 ou 80 engagés, c’est une vraie grosse organisation et c’est impressionnant. C’est très bien pour nos jeunes de les confronter à cette véritable ambiance internationale. Même si elles ne font pas partie des nations fortes du moment, il y avait tout de même les Pays-Bas, la Belgique, l’Italie et bien sûr l’Allemagne. Pour nous, Marbach est comparable à un stage avec une mise en situation. On est arrivé mardi, on a détendu les poneys le soir et on les a travaillé tous les autres jours.
 
PA : Les irlandais et les britanniques ne se déplacent pas à Marbach ou en Italie car ils ont à disposition chez eux de très gros et beaux cross. Ce n’est qu’aux championnats d’Europe où vous les découvrez finalement ?
EQ : Oui exactement, c’est la surprise aux championnats d’Europe. C’est ce qui s’est passé l’an passé : nous avons gagné le CCIP de Marbach et ils nous sont passés devant à Bishop Burton !
Jules Fayol et Tam Tam - ph. Léa Fayol
Jules Fayol et Tam Tam – ph. Léa Fayol
 
PA : Si on compte le nombre d’engagés sur l’As Elite de Jardy, au nombre de 33, plus les 12 sélectionnés pour Marbach, tu as un effectif d’environ 45 couples. C’est assez colossal si on le compare avec les années passées (il y a 10 ou 20 ans) ?
EQ : Je suis super content d’en avoir autant. Et la relève est là, je ne suis pas très inquiet. Ce week-end en Allemagne, la moitié des sélectionnés a encore l’âge de concourir en 2020 : Manon, Chloé, Laura, Jeanne Brunel… Et pas mal de ceux qui vont démarrer les Grands Prix ont 14 ans. Il y a toujours cette émulation.
 
PA : Vas-tu emmener une équipe cette année sur le CCIP italien de Pallare avant Lamotte-Beuvron ?
EQ : Oui c’est prévu, il se tiendra 15 jours avant les championnats de France. J’emmènerai 3 ou 4 couples d’As Elite qui n’ont pas fait Marbach et des couples d’As 1 qui démarrent en As Elite à Jardy. Sur ce CCIP, je sélectionne des cavaliers âgés de 14 ou 15 ans.
Jeanne Brunel et rênes de Cooleen Pete - ph. Léa Fayol
Jeanne Brunel et rênes de Cooleen Pete – ph. Léa Fayol
 
PA : Est-ce que l’équipe de France sera présente sur d’autres internationaux cette année ?
EQ : Nous emmènerons aussi des couples en septembre sur les CCIP de Palmanova (Italie) et d’Ardingly (Grande-Bretagne). Je vais essayer de monter deux équipes, mais je ne sais pas encore comment je vais répartir les couples entre les expérimentés et les jeunes. Tous ceux qui ont très bien fait les As Poney 1 et débuté les As Elite, qui n’ont plus l’âge l’année prochaine de faire les internationaux, devraient y participer tout comme ceux qui étaient à Marbach et qui ne feront pas les championnats d’Europe. Le fait qu’ils participent à un CCIP est aussi un moyen de leur faire prendre de l’expérience, de les récompenser et de conclure de belle manière les concours à poneys.
Lisa, Chloé, Laura et Anoushka à la visite vétérinaire - ph. Léa Fayol
Lisa, Chloé, Laura et Anoushka à la visite vétérinaire – ph. Léa Fayol
 
PA : Les couples qui seront sélectionnés pour les championnats d’Europe de Pologne font-ils partis des 12 qui se sont rendus à Marbach ?
EQ : Oui, absolument. Cela serait étonnant qu’il y en ait d’autres car il faut qu’ils soient qualifiés. Pour se faire, les couples doivent réaliser un sans-faute sur un cross international durant la saison ou l’année précédente. Les deux concours de l’an passé ont été annulé, donc peu sont qualifiés et ceux qui ont couru le CCIP d’Italie en juin ont connu des déboires. Aujourd’hui, je n’ai que 11 couples de qualifiés, ceux présents à Marbach.
 
PA : Nous avons l’impression que les cavaliers de l’équipe de France de l’an passé arrivent encore plus forts cette saison. Qu’en penses-tu ?
EQ : Oui, je partage cet avis. L’état de forme est au mieux et contrairement à l’an passé, nous n’avons pas de problème vétérinaire. On croise les doigts ! Tous les feux sont au vert.
Louise, Jonas, Lisa et Lilou, membre de l'équipe de France victorieuse au CCIOP de Marbach - ph. Léa Fayol
Louise, Jonas, Lisa et Lilou, membres de l’équipe de France victorieuse au CCIOP de Marbach – ph. Léa Fayol
 
PA : L’objectif de cette année est évidemment une médaille…
EQ : Et d’or ! Lorsqu’on a dressé la long-list à la Toussaint, les objectifs ont clairement été annoncé. On est capable d’y arriver, c’est l’objectif et c’est parfaitement réalisable. Il faut s’en donner les moyens.
 
PA : Sur les stages fédéraux, quelles consignes laisses-tu aux cavaliers ?
EQ : Elles sont très individualisées. Je suis aux côtés de Jean-Pierre (Blanco, ndlr) sur le dressage ou de Pascal (Henry, ndlr) sur le CSO, avec le coach du cavalier. On leur donne des pistes de travail afin qu’ils s’améliorent. On vérifie tout cela lors des Grands Prix, à la Toussaint et pendant l’hiver en stage. On a tous une trame de travail. Je suis ravi du travail réalisé avec les coachs, tout le monde va dans le même sens, s’entraide, l’ambiance est extraordinaire et c’est pour cela que ça marche.
Emmanuel Quittet aux côtés des coachs des cavaliers - ph. Léa Fayol
Emmanuel Quittet aux côtés des coachs des cavaliers – ph. Léa Fayol
 
PA : On a beaucoup de cavaliers Juniors et Jeunes Cavaliers, médaillés pour certains, qui sortent du circuit Poneys. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?
EQ : C’est une immense joie et une fierté. Je les suis… Et même ceux qui n’ont pas fait les championnats d’Europe Poneys comme Zazie Gardeau (championne d’Europe Junior par équipe 2018) et Marie-Charlotte Fuss (double médaillée d’or au championnat d’Europe Jeune Cavalier 2016)… On essaie de les structurer dès les années poneys et je pense que cette dynamique perdure lorsqu’ils passent à cheval. En repartant de Marbach par exemple, ils ont déjà beaucoup appris et ont une autre vision. Il y a un avant et un après Marbach… C’est important. Le rôle du sélectionneur est de donner l’espoir et l’envie.
 
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