CSIOP – CSIP de Fontainebleau (France), du 17 au 19 avril 2009

BIP 2009 : Ils l’ont fait !

Le début aurait pu être qualifié de timide malgré une première Marseillaise dans la « grosse » du vendredi ; mais les jeunes tricolores se sont rattrapés avec la manière dans la Coupe des nations avec une magnifique victoire à la clé, la première sur le Grand Parquet.

L'équipe du BIP, photo Pauline Bernuchon
L'équipe du BIP, photo Pauline Bernuchon

Au premier abord – et ce malgré une forte délégation irlandaise, allemande et bien sûr française – nous pouvions regretter, sur le papier, l’absence des nations phares telles que les médaillées d’or et d’argent des derniers championnats d’Europe, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, ainsi que la Norvège, l’Italie et la Suisse (cf. encadré Itw André Bonneau). Quelques couples individuels danois, polonais, belges, espagnols et luxembourgeois avaient fait le déplacement, mais pas assez nombreux pour monter une équipe pour la Coupe des nations. Cette dernière, courue à quatre, aura offert un spectacle de toute beauté, entre suspens intense et forte émotion… Et oui, le BIP (Bonneau International Poney), la plus grande manifestation française (1900 engagés en 2008 contre 2600 cette année dans les épreuves nationales et … en internationales), provoque souvent ce type de sentiments grâce à ses deux Grands Prix (CSIP / CSIOP),  sa Coupe des nations et son Derby, nouvelle épreuve de cette belle édition 2009.

Vendredi : une marseillaise et des irlandais au taquet !
La première journée fut indéniablement la journée de l’Irlande avec 5 épreuves remportées sur les 6 proposées : l’œuvre de trois cavaliers à la veste verte. EmilyTurkington remporte la 1.20 m du CSIOP avec He’s no Joker devant Axel le Diberder / Helen du Clos ainsi que l’épreuve des 6 ans avec Dr Spot. Tom Folley / Attyrory Clover Lily et Kate Mc Donagh / Bertas Clover, ont quant à eux trusté les premières places des épreuves CSIP. Seule la « grosse » du CSIOP leur a échappé au profit de la française Paola Guelpa et de sa ponette Licia, sans faute très rapide. Camille Delaveau, également sans faute avec Nils d’Hurl’Vent, a arraché la 3e place.

Samedi : France ou Allemagne ?
Le deuxième jour de compétition a commencé par une note positive avec la victoire d’Axel et Helen dans le barème C du CSIOP, reléguant Emily Turkington à la seconde place. A la remise des prix également : Maxime Couderc / Onaro (7e) et Eva Tournaire / Lancelot des Mares (8e). Bon tir groupé des tricolores dans la 1.15 m du CSIP avec en 3e position Clément Mernier / Kim de l’Alleu suivi par six de ses camarades.

Mais l’épreuve choc fut bien entendu la Coupe des nations. Quatre équipes au départ et dont le tirage au sort a désigné l’ordre suivant : Allemagne, Irlande, Suède et France. L’objectif du chef d’équipe, Pascal Henry, est clair : gagner ! Possible avec une équipe constituée de trois cavaliers des derniers championnats d’Europe – et donc d’expérience – mais en face, les concurrents sont sérieux. « Le parcours est loin d’être simple » expliquait Eugénie Angot, maman de Camille Delaveau interviewée au micro pendant la reconnaissance : A droite, vertical en n°1, oxer n°2 en montant, à gauche vertical suivit de la rivière et en 8 foulées travaillées un double de verticaux en une foulée complètement décalé de la rivière. Virage serré à droite, Oxer carré en n°6, en descendant vertical sur bidet naturel, demi-tour à gauche barre de spa puis en 7 foulées un triple oxer une foulée vertical 2 foulées oxer, 8 foulées derrières vertical avec bidet en n°10 puis pour finir, en bout de ligne un joli oxer, en 9 ou 10 foulées selon la courbe effectuée. Les côtes : 1.30m. Pilier de l’équipe allemande avec Maurice Tebbel, Laura Klaphake et son fidèle Jerome ouvrent le bal. Ils se font piéger  dans le triple (4 pts). S’en suivent un sans faute de l’Irlande et de la française Fanny Skalli sur Milford de Grangues. La Suède passe son tour puisque l’équipe est composée de 3 cavaliers. La seconde cavalière allemande faute sur la rivière, l’irlandais est sans faute, la suédoise abandonne et Camille et Nils signent un nouveau clear round. Les Bleus s’accrochent, le clan des supporters exalte ! 3e tour : Allemagne sans faute, Irlande 4 pts, Suède 12 pts, le couple tricolore Eva Tournaire / Ijinek ar Crano fait 8 points. 4e tour : Maurice Tebell (Ger) et Giovanni sont sans faute, l’Irlande est à 4 pts, la Suède est sans faute tout comme Robin Muhr et Kalifa de la Barre. Après le premier round, la France est en tête (0 pt) devant les allemands et les irlandais (4 pts) ! On reprend les mêmes et on recommence pour la deuxième phase. Et là, la tendance va s’inverser : l’Allemagne, avec 3 sans faute signés Laura Klaphake, Lea Clausen / Celina et Maurice Tebbel, sort avec un score vierge, la France écope de 4 points (double sans faute de Fanny et Robin, 4 pts pour Camille et Eva), et l’Irlande de 12 points. Alors France ou Allemagne ? Il va y avoir un barrage pour la victoire ! Laura / Jerome : 4 pts. Fanny /Milford : 4 pts sur le dernier ! Miriam Zell / Wombel : 8 pts. Camille / Nils : 4 pts. Lea / Celina : 4 pts sur le dernier. Eva / Ijinek : sans faute très rapide. Maurice / Giovanni : sans faute. L’heure est à son comble dans les tribunes et surtout dans le staff français. Si Robin est sans faute, l’équipe de France gagne. S’il est à 4 points, il faut jouer le chrono est essayer d’être rapide. A 8 points, c’est perdu… Robin, qui a toute la pression sur ses épaules, passe outre, monte à la perfection et signe LE sans faute tant attendu.

Première victoire dans la Coupe des nations du BIP pour les français, photo Pauline Bernuchon
Première victoire dans la Coupe des nations du BIP pour les français, photo Pauline Bernuchon

L’équipe de France s’impose chez elle et pour la première fois à Fontainebleau !

Equipe de France gagnante de la Coupe des nations, photo Pauline Bernuchon
Equipe de France gagnante de la Coupe des nations, photo Pauline Bernuchon

La pression est redescendue à la remise des prix. Pascal Henry, comblé, voit là sa première victoire en tant qu’entraîneur national (cf. Itw Pascal Henry en encadré).

Robin et Kalifa, photo Pauline Bernuchon
Robin et Kalifa, photo Pauline Bernuchon

Fanny et Milford, photo Pauline Bernuchon
Fanny et Milford, photo Pauline Bernuchon

Camille et Nils, photo Pauline Bernuchon
Camille et Nils, photo Pauline Bernuchon

Eva et Ijinek, photo Pauline Bernuchon
Eva et Ijinek, photo Pauline Bernuchon

Les mamans et/ou coachs, photo Pauline Bernuchon
Les mamans et/ou coachs, photo Pauline Bernuchon

La Coupe se termine et laisse place à la grande nouveauté 2009 : le Derby à 1.25m, avec 18 obstacles et 21 efforts. Cinq couples vont réaliser un parcours sans pénalité, dont l’irlandais Tom Folley et son Ballybrody King, extraordinaire de facilité avec 10 secondes d’avance sur ses poursuivants, irlandais eux aussi. Nicolas Aillaud et Nikita de Blaise se classent 5e, puis à la suite mais à 4 points, Sidonie Vivet / Myocène du Blequin ; à 6 points Eliott Thiennette / Moonlight Shadow et à 8 points Florian Lemaitre / Le Givre de Pleville.

Tom Foley et Ballybrody King, couple irlandais vainqueur du Derby, photo Pauline Bernuchon
Tom Foley et Ballybrody King, couple irlandais vainqueur du Derby, photo Pauline Bernuchon

Nicolas Aillaud et Nikita de Blaise, 5e du Derby, photo Pauline Bernuchon
Nicolas Aillaud et Nikita de Blaise, 5e du Derby, photo Pauline Bernuchon

Dimanche : Kate Mc Donagh et Maurice Tebbel, les rois de la piste
Axel le Diberder et Helen du Clos n’ont laissé aucune chance à leurs poursuivants dans l’épreuve en deux phases du CSIOP. Patricia Laffon, 8e avec Bean Alaining, fait également partie de la remise des prix.

A la suite, les irlandaises Kate Mc Donagh / Imagine if One et Kelly Allen / Ballydown Maybe Molly se sont imposées dans les Grands Prix pour jeunes poneys de 6 et 7 ans, où seul côté français, Fanny Skalli / Pearl des Tilleuls (4e des 6 ans) et Aurélie Prot / Océan des As (7e des 7 ans) ont disputé le barrage.

Fin de matinée, le Grand Prix CSIP très disputé. Au final, sur les 33 engagés, 4 se sont qualifiés pour le barrage. L’irlandaise Kate Mc Donagh en selle sur sa toute bonne Bertas Clover s’applique et réalise le seul parcours sans faute, de surcroît, le plus rapide. A ses trousses sa compatriote Cali O’Donnell sur Cullagh Lass, puis les allemandes Franziska Ritter / Tayo et Sophie Schuster / Spotlieght One. Premier des 4 points, le très compétitif Clément Mernier a emmené son Kim de l’Alleu à la 5e place tandis que Florian Lemaitre arrachait quant à lui la 8e place avec Laudanum du Terrier. Bon parcours également de Haelwenn Sebille Kernaudour et Holy Island Aluinn classées 11e.

L'irlandaise Kate Mc Donagh s'impose dans le GP du CSIP avec Bertas Clover, photo Pauline Bernuchon
L'irlandaise Kate Mc Donagh s'impose dans le GP du CSIP avec Bertas Clover, photo Pauline Bernuchon

L'allemande Sophie Schuster, en selle sur Spotlieght One, termine 4e du GP du CSIP, photo Pauline Bernuchon
L'allemande Sophie Schuster, en selle sur Spotlieght One, termine 4e du GP du CSIP, photo Pauline Bernuchon

Clément Mernier et Kim de l’Alleu, 5e du GP du CSIP, photo Pauline Bernuchon
Clément Mernier et Kim de l’Alleu, 5e du GP du CSIP, photo Pauline Bernuchon

Florian Lemaitre et Laudanum du Terrier, 8e du GP du CSIP, photo Pauline Bernuchon
Florian Lemaitre et Laudanum du Terrier, 8e du GP du CSIP, photo Pauline Bernuchon

L’épreuve phare, le Grand Prix CSIOP à 1.30/1.35 m, a été le seul à se courir sous un soleil radieux. Le maître des lieux, André Bonneau, a reconnu le parcours avec le micro : Le n°1 est un oxer au milieu de la piste, légère courbe à gauche pour aborder un vertical, puis virage à droite, en remontant l’oxer n°3, puis en remettant de la cadence afin de franchir correctement la rivière suivi en 7 foulées longue ou 8 courtes par un vertical sec. Virage à gauche, dos à la porte, oxer en descente, 8 foulées oxer, 6 foulées vertical n°8. Grand virage à droite, triple vertical 2 foulées oxer 1 foulée vertical, puis 6 foulées oxer carré sur bidet et en fin de ligne et après une galopade, une vertical en n°11. Mais on ne s’arrête pas là : ultime ligne – et non la moindre puisque difficile et placée en fin de parcours – avec une spa et en 6 foulées un double oxer vertical.

Première à rentrer en piste sur les 27 partants, une française très performante sur le circuit des As, Camille Pailhous avec son Milton Graff Pondi. Le couple est victime des deux combinaisons et sort avec 8 points au compteur. Un des couples vedettes de cette édition 2009, Emily Turkington et l’extraterrestre Sambo Lino, fauteront eux sur le 10, une des difficultés majeurs de ce tour, tout comme Pia Gerhard et Sunny. Paola Guelpa ne pu empêcher deux fautes de Licia dans le triple. Tous les espoirs étaient placés sur Robin Muhr, acteur décisif de la victoire par équipe la veille. Le cavalier du sud livre une vraie leçon d’équitation, le sans faute est proche mais Kalifa renverse le premier élément du double, soit le dernier obstacle ! Fanny Skalli et Milford fauteront à deux reprises. Les cavaliers défilent mais aucun clear round n’est comptabilisé… Vient le tour de Baptiste Lecomte et Jimmerdor de Florys : le tour est avalé avec maîtrise, si bien que le public se met à croire au sans faute. Dernière ligne, spa – double, Baptiste fait une petite erreur, Jimmerdor renverse l’entrée – se déferre au passage –  puis s’arrête. 10 points au compteur sur le dernier, un score plutôt cher payé !  Axel le Diberder sur Joyau d’Argent – qui devrait se révéler être la monture de tête du jeune breton – n’iront pas plus loin que le 5. La polonaise Klara Kostrzewa et l’expérimenté Clogherboy Mirah feront un très beau parcours, entaché d’une faute. Les deux couples tricolores suivants, Laure-Hélène Frémondière / Kalimero de Mairy, 2 refus, et Eva Tournaire / Lancelot des Mares, une chute, se font éliminer. La suèdoise Kristina Warg / Wild at Heart T, l’irlandaise Eoin Mc Mahon / Sandstorm Tiger et la française Nina Chanteau, déjà vainqueur du CSIP de Barbizon avec Koka d’Almy ont quant à elles froler le sans faute : la première essuie un refus sur le dernier double, la seconde sur le 11 et Nina faute sur le premier élément du double tout comme Robin ! Même l’étalon Anydale Ron, 6e des derniers championnats d’Europe avec sa cavalière danoise capitule. Le sans faute va venir de la casaque n°21… il s’agit de Maurice Tebbel, vice-champion d’Europe en individuel avec Giovanni. Comme une évidence, tant le cavalier est doué (cf. Itw André Bonneau). La compétition se termine et l’annonce d’un éventuel barrage semble peu évidente. Sa compatriote Lea Clausen sur Celina et les irlandais Hayley Dunne / Frere Jacques et Neil Maguire / Cappagh Coach s’en sortent avec une faute. Les deux derniers français, Maxime Couderc / Mystille et Patricia Laffon / Istoriah la Brée seront pénalisés respectivement de 12 et 17 points. Il n’y aura donc pas eu de barrage, mais un grand vainqueur, Maurice Tebbel, accompagné de son célèbre papa René à la remise des prix et entouré par Pia Gerhard (Ger) 2e et Hayley Dunne (Irl), 3e. Robin et Nina ont pris les honorables 7e et 8e places.

Le vainqueur du GP du CSIOP, Maurice Tebbel, en selle sur Giovanni, photo Pauline Bernuchon
Le vainqueur du GP du CSIOP, Maurice Tebbel, en selle sur Giovanni, photo Pauline Bernuchon

Giovanni, René et Maurice Tebbel, photo Pauline Bernuchon
Giovanni, René et Maurice Tebbel, photo Pauline Bernuchon

Podium du Grand Prix du CSIOP, photo Pauline Bernuchon
Podium du Grand Prix du CSIOP, photo Pauline Bernuchon

Emily Turkington et Sambo Lino, 4e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon
Emily Turkington et Sambo Lino, 4e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon

Lea Clausen (Ger) et Celina, 5e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon
Lea Clausen (Ger) et Celina, 5e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon

Robin Muhr et Kalifa de la Barre, 7e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon
Robin Muhr et Kalifa de la Barre, 7e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon

Nina Chanteau et Koka d'Almy, 8e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon
Nina Chanteau et Koka d'Almy, 8e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon

Camille Pailhous et Milton Graff Pondi, 12e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon
Camille Pailhous et Milton Graff Pondi, 12e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon

Fanny Skalli et Milford de Grangues, 17e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon
Fanny Skalli et Milford de Grangues, 17e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon

Baptiste Lecompte et Jimmerdor de Florys, 19e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon
Baptiste Lecompte et Jimmerdor de Florys, 19e du GP du CSIOP, photo Pauline Bernuchon

Cette belle journée s’est enfin clôturée par une épreuve en deux phases CSIP, remportée par… Tom Foley (encore lui !) devant Clément Mernier et Ketty de Gouville, soit les deux premiers de l’épreuve du vendredi. Haelwenn Sebille Kernaudour / Happy du Halage, Tressy Muhr / Kosmonote, Estelle Tasso / Jasper d’Enfer ont complété le classement.

Haelwenn Sebille Kernaudour et Happy du Halage, photo Pauline Bernuchon
Haelwenn Sebille Kernaudour et Happy du Halage, photo Pauline Bernuchon

Meilleurs cavaliers du CSIOP : Maurice Tebbel (Ger)
Meilleure cavalière du CSIOP : Emily Turkington (Irl)
Meilleur poney : Frere Jacques
Meilleurs cavaliers du CSIP : Tom Folley (Irl)
Meilleure cavalière du CSIP : Kate Mc Donagh (Irl)
Equipe du fair-play : la France

Ils ont dit

Pascal Henry, entraîneur national poney

Pascal Henry, photo Pauline Bernuchon
Pascal Henry, photo Pauline Bernuchon

Quelles sont vos impressions après cette belle victoire ?
La Coupe des nations a été un grand moment : nous avons gagné et de belle manière ! C’était important pour nous de gagner notre première Coupe et surtout chez nous à Fontainebleau, devant notre public. Il a fallut se battre jusqu’au bout au barrage avec l’équipe allemande, qui était aussi composée de cavaliers ayant fait les championnats d’Europe en 2008. On se connaissait donc bien. Cela a été un combat agréable entre adversaires qui se respectent. Nous avons pris le dessus, cela s’est joué à peu de chose, mais nous les avons devancé. J’ai eu – et les enfants aussi – beaucoup d’émotion à la remise des prix. Cette victoire nous fait du bien car c’est la récompense d’un travail important que nous avons mis en place, d’une sélection et des choix qui n’ont pas toujours été faciles et souvent contestés mais il fallait que je teste les couples, que j’essaye. C’est le résultat d’un travail avec l’ensemble du « monde » poney, à savoir les cavaliers, les poneys et les coachs.

Et sur le Grand Prix du CSIOP ?
Concernant le GP, c’était vraiment une épreuve difficile car grosse dans les côtes et très technique avec notamment le triple n°9 et le double en n°13. Les poneys qui ont fait la Coupe – et le barrage – ont sans doute accusé le coup, mais il n’y a pas d’excuses. Maurice Tebbel l’a également faite et a tout de même gagné le Grand Prix … Nina et Robin font 4 points sur le même obstacle (13A), avec une distance un peu délicate en fin de parcours, nous l’avons payé un peu. Il y a eu aussi des scores un peu moins : encore trop de stress et de manque de construction sur ces épreuves là pour que cela passe. Il faut donc continuer à travailler et aborder ces échéances bien dans la tête, prêts techniquement et physiquement. Nous avons encore un petit peu de boulot pour le faire ! Néanmoins nous sommes là. Je crois aussi que nous avons mis beaucoup d’énergie pour la Coupe. Le fait de l’avoir gagnée est une bonne chose mais je pense que nous nous sommes peut être un peu reposés aujourd’hui, peut être un peu trop d’ailleurs, mais nous sommes qu’en avril, nous devons en tenir compte et resserrer les boulons.

Camille Delaveau et Nils d'Hurl'Vent, photo Pauline Bernuchon
Camille Delaveau et Nils d'Hurl'Vent, photo Pauline Bernuchon

Le fait que Nils d’Hurl’Vent ne parte pas dans le Grand Prix, est-ce votre choix, une stratégie ?
Oui, car Nils n’a que 8 ans et a commencé avec Camille en début d’année. Le couple n’a pas réalisé beaucoup de compétitions ensemble, seulement trois Grands Prix avant d’arriver ici. C’était donc soit la Coupe, soit le Grand Prix. Ce fut un choix concerté avec la maman de Camille, Eugénie Angot.

Et Jimmerdor en remplaçant ?
Je comptais beaucoup sur lui dans le Grand Prix. Je l’avais mis en réserviste dans l’équipe car je connais bien le couple. Je devais tester plus particulièrement Camille / Nils et Eva / Ijineck ; j’ai donc préféré économiser Jimmerdor. Concernant ses résultats dans le Grand Prix, le score est cher payé par rapport à sa petite erreur (1 barre entrée de double puis refus à la sortie).

Quels sont vos prochains objectifs avec l’équipe de France ?
Le CSIOP de Grobbendonck en Belgique. Celui de Aach en Allemagne, qui est un très bon concours, est annulé, je viens de l’apprendre par Pieter le chef d’équipe allemand. Je dois donc revoir ma copie pour le mois de juin…
Affaire à suivre !

André Bonneau, directeur du BIP

André Bonneau, photo Pauline Bernuchon
André Bonneau, photo Pauline Bernuchon

Le BIP se termine, quelles sont vos impressions sur cette édition 2009 ?
Elle s’est très bien passée. Nous avons lancé un Derby qui a eu un succès énorme au niveau des étrangers, à tel point qu’ils nous ont demandé de recommencer et de l’ouvrir au CSIOP. Je ne sais pas si nous pourrons, il va falloir se renseigner auprès de la FEI, mais si c’est possible, nous l’ouvrirons au CSIO.

Qu’avez-vous pensé des performances des français ?
Une victoire extraordinaire dans la Coupe. Il n’y avait pas beaucoup de partants mais la Coupe était de haut niveau. Elle était très technique. C’est vraiment une belle performance. Même s’il y avait eu huit nations, la performance serait restée la même. On barre avec les allemands, ce qui n’est pas rien.

… et de la technicité du GP du CSIOP ?
L’épreuve était difficile. La preuve : il n’y a eu qu’un seul sans faute. La construction était plus compliquée  dans le sens de la descente : de gros oxers, un vertical avant le triple, les poneys n’avaient pas le temps de respirer avant l’abord du triple et cela s’est senti. Puis la dernière ligne spa – double était très meurtrière, mais nous l’avions vu à la reconnaissance. Il n’y a pas eu de surprises au niveau de la technicité, on savait où étaient les problèmes. Il s’agit aussi de poneys qui ont fait la Coupe des nations hier, avec pour certains trois parcours dans les pattes ; ils ont donc accumulé la fatigue. L’Allemagne gagne le Grand Prix, mais Maurice Tebbel, seul sans faute, n’est pas n’importe qui, je l’ai vu aux championnats d’Europe. L’an dernier, il était au top. Il monte très bien, est très adroit et son poney est aux ordres, il nous en a donné la preuve. Je l’avais bien observé tout le week-end et après la reconnaissance, j’avais même dit qu’il allait gagner le Grand Prix ! Bon, il aurait pu faire un 4 points, il a eu un peu de chance dans le dernier double à l’arrivée mais pour gagner il faut de la chance et il l’a eu. Mais ceci dit, si la barre n’est pas tombée c’est qu’il avait quand même un bon équilibre et une bonne foulée.

Quelles peuvent être les raisons de l’absence de certaines équipes ?
La Grande Bretagne n’est venue qu’en 2002. Je ne comprends pas pourquoi la Belgique est absente. La Suisse n’était pas là mais elle est en ce moment un peu dans le creux de la vague et est en train de se reconstruire une équipe.  Je pense honnêtement qu’étant donné que les championnats d’Europe se disputeront à Moorsele et qu’un CSIP était organisé la semaine dernière sur ce même terrain, les étranger sont allés là-bas faire une reconnaissance, ce qui explique qu’ils sont moins nombreux cette année au BIP. Si en 2011 nous avons les championnats d’Europe à Fontainebleau, le BIP fera carton plein. C’est une démarche logique et plausible de la part des entraîneurs. Mais ce n’est pas dramatique, tout s’explique.

Le BIP propose chaque année un riche programme, avec souvent des nouveautés comme les épreuves jeunes poneys il y a 3 ans et le Derby cette année. Avez vous des idées pour les prochaines éditions ?
Un Derby en CSIOP si c’est possible. J’aimerai aussi placer le Derby avant la Coupe des nations pour l’ambiance. Pour l’instant je n’ai pas d’autres idées, il faut y travailler. Je me réveille le matin et je me dis « chouette j’ai une idée ! ». Il faut me laisser me reposer ! (dit-il avec un grand sourire)

Pauline Bernuchon

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